Association Paléontologique
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Un nouveau « cousin » du Tyrannosaure découvert en Patagonie

Article publié par Le monde, le 14/07/2016

Une nouvelle espèce de dinosaure carnivore datant d’environ 90 millions d’années a été découverte en Patagonie (Argentine), mercredi 13 juillet, et présente des ressemblances avec le Tyrannosaure, notamment avec ses deux bras minuscules. S’il appartient a priori à une lignée différente, le Gualichoshinyae, de son petit nom, est un théropode – un dinosaure bipède –, mais fait partie d’une autre branche de cette famille de saurischiens, majoritairement carnivores.

Ses deux pattes avant, ridiculement courtes, avec deux griffes chacune, à l’instar du dinosaure star de « Jurassic Park », sont un trait caractéristique, qui n’a pas résulté de l’évolution d’un ancêtre commun. « Le Gualicho est une sorte de dinosaure mosaïque, avec des caractéristiques anatomiques qu’on trouve normalement chez différentes espèces de théropodes », explique Peter Makovicky, responsable de la section dinosaures au Field Museum, le musée d’histoire naturelle de Chicago.

La taille d’un ours polaire

« Le Gualicho est vraiment inhabituel, car il est différent des autres dinosaures carnivores mis au jour dans cette même formation géologique, et n’entre parfaitement dans aucune des catégories », précise ce scientifique. Le squelette fossilisé découvert en Patagonie argentine est incomplet, mais les scientifiques estiment que ce prédateur était de taille moyenne, pesant environ 450 kilos, ce qui est comparable à un ours polaire.

Le nom du dinosaure fait référence à l’histoire de sa découverte lors d’une expédition menée en 2007 dans la formation riche en fossiles de Huincul, au nord de la Patagonie. Shinyae a été retenu en l’honneur du découvreur Akiko Shinya, du Field Museum à Chicago, tandis que le nom générique Gualicho est dérivé de « Gualichu », un esprit vénéré par les Tehuelches, des Amérindiens de Patagonie.


Une nouvelle espèce de dinosaure à cornes découverte aux Etats-Unis

Article publié par Le Monde, le 19/05/2016

Des paléontologues ont mis au jour aux Etats-Unis une nouvelle espèce de dinosaure dotée de quatre cornes qui vivait il y a 77 millions d’années. Cette découverte faite en Utah, dans le parc national du Grand Staircase-Escalante National Monument, fait l’objet d’une publication mercredi 19 mai dans la revue américaine PLOS One. Cet herbivore qui devait mesurer de six à huit mètres de long et peser de une à deux tonnes, a été baptisé Machairoceratops cronusi.

Les chercheurs soulignent qu’il est rare de trouver des fossiles de cette famille de dinosaures dans cette région des Etats-Unis. Ils sont le plus souvent découverts en Alaska, dans le Montana, ou dans les provinces canadiennes de l’Alberta ou de la Saskatchewan. « Même dans des endroits comme le nord-ouest américain, où un travail important de fouilles a été effectué ces 150 dernières années, on trouve encore de nouvelles espèces inconnues de la science », se réjouit Patrick O’Connor, professeur à l’université de l’Ohio et co-auteur de cette découverte.

Unique parmi les Centrosaurines

Le Machairoceratops cronusi qui date de la période du Crétacé (- 145,5 à - 65,5 millions d’années) évoluait dans une partie de l’Amérique du Nord appelée Laramidie, qui se situait à l’ouest d’une mer qui divisait en deux le continent nord-américain. Son crâne fossilisé trouvé dans le sud de ce qui était alors la Laramidie, est différent de ceux des autres dinosaures de la même famille mis au jour dans le nord de cette zone. Cela suggère que ces derniers vivaient dans deux régions séparées et formaient deux sous-groupes qui ont connu des évolutions différentes, expliquent ces paléontologues.

Les dinosaures de ce groupe, appelés Centrosaurine ceratopsids, avaient des cornes, un bec et une carapace pour protéger leur cou. « Le Machairoceratops est unique parmi les Centrosaurines car il possédait également deux grandes cornes recourbées vers le bas situées derrière la tête et qui faisaient partie de la carapace osseuse protectrice de son cou », précise Erik Lund, un scientifique de l’université de l’Ohio, le principal auteur de cette découverte. La fonction de ces deux cornes supplémentaires n’a cependant pas encore été déterminée.

Chasseur amateur de fossiles

La revue PLOS One fait par ailleurs mention d’une autre espèce surnommée Judith, du nom de la formation géologique « Judith River » dans le Montana où elle a été mise au jour par hasard en 2005 par un physicien nucléaire, chasseur amateur de fossiles. La collection d’ossements dont des parties du crâne, des pattes, des hanches et de la colonne vertébrale découverte a été achetée en 2015 par le Musée national canadien de la nature.

Datant de 76 millions d’années, ce dinosaure herbivore de cinq mètres de long qui pesait jusqu’à quatre tonnes et dont le nom scientifique est Spiclypeus shipporum, appartient à la famille des Chasmosaurine qui compte le célèbre Tricératops.

Tout comme ce dernier, il avait des cornes et une collerette osseuse protégeant son cou. Mais ce qui le distingue, ce sont ses deux cornes juste au-dessus des yeux qui étaient orientées vers les côtés ainsi que la disposition particulière des pointes de sa collerette.


L'étrange cœur fossilisé d'un poisson de 118 millions d'années

Article publié par Le Figaro, le 17/05/2016

L'étude aux rayons X d'un animal qui vivait à l'époque des dinosaures a permis de découvrir une complexité surprenante.

Il nageait sous l'œil des dinosaures il y a 118 millions d'années. Les terres et les océans ne seraient pas reconnaissables aujourd'hui vues du ciel tant la disposition des continents y était différente. Mais la vie animale et végétale foisonne et grouille. On court, on saute, on rampe, on nage… Les divers organismes continuent d'expérimenter des solutions biologiques pour augmenter leurs performances et donc leurs chances de survie. L'évolution a-t-elle eu des ratés? Ou pris des chemins différents pour «passer» le temps? C'est ce que semble bien confirmer une magnifique étude de deux poissons fossiles dans lesquels ont été découverts des cœurs superbement conservés.

Ce type de tissu mou bien fossilisé est très rare. C'est une équipe internationale, essentiellement brésilienne, qui, en examinant des fossiles trouvés dans les roches du Crétacé du Brésil a pu visualiser et modéliser en 3D, grâce au synchrotron ESRF, le grand anneau situé à Grenoble producteur de faisceaux de rayons X puissants et de grande qualité, ce qui se trouvait caché dans le fossile mais était invisible à l'œil nu (travaux publiés dans la revue eLife).

Reconstitution très fine

Les fossiles de Rhacolepis buccalis examinés faisaient une quinzaine de centimètres de long et vivaient, sans doute en bancs, dans le bassin d'Araripe, dans ce qui est aujourd'hui le nord-est du Brésil. Ce poisson était déjà anatomiquement proche des poissons dits primitifs actuels, comme l'esturgeon ou le polyptère. Comme chez tous les poissons, son système sanguin est une boucle simple. Le cœur (la pompe) est constitué de quatre cavités muscularisées, un sinus veineux et son atrium (équivalent lointain de l'oreillette), qui reçoivent le sang, un ventricule, qui expulse le sang, et enfin un cône artériel qui régularise la pression sanguine. Chez la très grande majorité des poissons actuels, le cône artériel ne présente qu'une seule rangée de valves. Mais chez les poissons anciens, il y a plusieurs rangées de valves (jusqu'à plusieurs dizaines). Rhacolepis en est pour sa part à cinq rangées de valves. La reconstitution de l'intérieur du poisson est incroyablement fine et détaillée. Les auteurs considèrent alors une évolution graduelle des structures du cœur, vers une simplification du nombre de valves.

«La découverte de ce cœur si bien fossilisé n'est qu'une demi-surprise», reconnaît Gaël Clément, paléontologue, professeur au Muséum national d'histoire naturelle de Paris. «On sait depuis longtemps que les tissus mous peuvent être parfois fossilisés, mais on ne peut réellement les visualiser que depuis quelques années, grâce au développement de la tomographie aux rayons X. Avant, même en faisant des préparations mécaniques ultrafines, avec aiguilles sous loupe binoculaire, l'œil nu n'arrivait généralement pas à distinguer quoi que ce soit de ces organes mous fossilisés.» Cerveau de poisson, cœur de dinosaure, peau, plumes, organes, cellules comme des globules rouges, la fossilisation se montre très précise quand on a les moyens, de haute technologie telle que la lumière synchrotron, pour les regarder.

Simplification des structures

«L'apport de ces travaux se trouve surtout sur le plan de la connaissance de l'évolution du système cardiovasculaire des poissons», continue le chercheur. «Ces résultats confirment que les modifications du cœur des poissons au fil de l'évolution ont conduit à une simplification de certaines structures (de plusieurs dizaines de rangées de valves à une seule), et non, comme cela est souvent pensé, à une complexification.»

Les chercheurs du Muséum disposent dans leur laboratoire d'un scanner, une source de rayons X déjà très importante, même si l'appareil n'a pas l'extraordinaire définition de l'ESRF. «Ces possibilités techniques de voir dans la matière, sans dégrader l'objet d'étude, devraient faire réfléchir à la façon dont nous devons désormais collecter et conserver les échantillons recueillis sur le terrain. Les préparations à l'acide des poissons du Crétacé du Brésil ont très certainement déjà fait disparaître de nombreux cœurs…»


Néandertal a-t-il boosté notre immunité ?

Article publié par Le monde, le 11/01/2016

L’étude du génome de Neandertal a montré qu’une partie de l’humanité actuelle porte de l’ADN légué par ce cousin disparu – entre 1 pourcent et 6 pourcent dans les populations non africaines. Après sa sortie d’Afrique, il y a 125 000 à 60 000 ans,Homo ­sapiens a rencontré les néandertaliens, qui ­vivaient en Eurasie depuis déjà 200 000 ans, et des unions sont alors intervenues entre individus des deux espèces, pour le meilleur et pour le pire. Le meilleur ? Peut-être une adaptation aux agents pathogènes auxquels les néandertaliens étaient confrontés depuis longtemps en Europe. Le pire ? Cette capacité de réaction immunitaire rendrait ses bénéficiaires plus susceptibles de développer des allergies.

Ces hypothèses sont développées dans deux études parues le 7 janvier dans l’American Journal of Human Genetics. La première, dirigée par Lluis Quintana-Murci (Institut Pasteur), a consisté à comparer, dans la base publique du « 1 000 Genomes Project », quelque 1 500 gènes impliqués dans l’immunité innée, notre première ligne de défense contre les agents pathogènes. Pourquoi s’intéresser à ces gènes en particulier ? « Parce que les maladies infectieuses ont été la cause majeure de la mortalité jusqu’au XXe siècle, et donc la principale force de sélection naturelle chez l’homme », répond Lluis Quintana-Murci. Cette vaste comparaison suggère que des adaptations majeures de ces gènes sont survenues il y a 6 000 à 13 000 ans, au moment où l’humanité inventait l’agriculture. « La cohabitation avec les animaux, la proximité des ordures offraient un cocktail parfait pour une nouvelle pression de sélection exercée par les pathogènes », poursuit le chercheur.

Des gènes face aux intrus

La comparaison avec des génomes anciens, dont ceux de néandertaliens, a fait aussi émerger un groupe de gènes, TLR 1, 6 et 10, très présents chez les Européens et les Asiatiques. Ce même groupe a aussi été repéré, de façon indépendante, par une équipe de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionnaire de Leipzig (Allemagne). Ils permettent à des récepteurs situés à la surface de cellules de détecter la présence d’intrus (bactéries, champignons, parasites) et d’y réagir.

Janet Kelso et ses collègues recherchaient des gènes des populations humaines actuelles présentant le plus de similarité avec ceux d’humains archaïques, comme les néandertaliens ou les dénisoviens, qui vivaient en Sibérie il y a encore 50 000 ans. L’équipe est tombée sur le même trio de gènes TLR. Deux de ces variants sont proches de ceux retrouvés dans le génome des néandertaliens, le troisième est proche de celui des occupants de la grotte de Denisova, en Sibérie.

« Il va falloir déterminer ce que la conservation de ces gènes implique dans notre capacité à résister aux agents pathogènes », indique Lluis Quintana-Murci, qui reste prudent sur leur impact fonctionnel. Ses confrères de ­Leipzig soulignent de leur côté que, chez les porteurs de la version archaïque de ces gènes TLR, on observe une moindre infection par la bactérie Helicobacter pylori, responsable d’ulcères pouvant évoluer en cancers. Mais aussi une plus grande propension à développer des allergies. Résultat d’un compromis entre forte réactivité aux microbes et hypersensibilité à l’environnement, aujourd’hui plus aseptisé ?

Hervé Morin


Une dent humaine vieille d’environ 550 000 ans découverte dans les Pyrénées-Orientales

Article publié par Le monde, le 28/07/2015

Deux jeunes archéologues bénévoles français, Camille, 16 ans, et Valentin, âgé d’une vingtaine d’années, ont découvert, jeudi 23 juillet à Tautavel, dans les Pyrénées-Orientales, une dent d’un individu adulte ayant vécu il y a 550 000 ans.

Soit 100 000 ans avant le célèbre homme de Tautavel, jusqu’alors considéré comme « le plus vieux Français ». Il s’agit d’une « découverte majeure », affirment les chercheurs qui travaillent sur ce site préhistorique de la Caune de l’Arago, près de Perpignan.

« Une grosse dent d’adulte – d’homme ou de femme, on ne peut pas le dire – a été trouvée pendant des fouilles dans un niveau de sol dont on sait qu’il remonte à 550 000 ans, parce qu’on a utilisé de nombreuses méthodes de datation différentes », a expliqué la paléoanthropologue Amélie Viallet, chef des fouilles à la Caune de l’Arago.

 

Une dent similaire trouvée l’an dernier

Yves Coppens, paléoanthropologue et professeur au Collège de France, confirme que cette dent est très certainement âgée de quelque 550 000 ans, étant donné l’endroit où elle a été découverte. « Si cette dent a été rapportée d’ailleurs, on s’en apercevra, a-t-il expliqué sur France Info. Mais l’hypothèse la plus vraisemblable est que l’individu qui a perdu son incisive l’ait perdue là, à cet endroit-là. »

« On avait déjà trouvé l’an dernier, en juin, une dent dans ce même carré qui date de 560 000 ans », rappelle Tony Chevalier, autre paléoanthropologue au Centre de recherches de Tautavel. Mais cette découverte, qui était alors passée inaperçue, n’enlève rien à la trouvaille de la semaine dernière, qui vient au contraire la conforter.

Cette dent serait le plus ancien reste humain de France.

« Une pièce du puzzle »

Hormis la mandibule de Mauer, découverte en 1907 en Allemagne et datée autour de 600 000 ans, très peu de fossiles humains sont connus en Europe pour cette période.

Cette dent est « une pièce du puzzle qui nous manquait pour contribuer à répondre à la question cruciale : est-ce que l’homme de Néandertal, à 120 000 ans, provient d’une lignée unique ? », a précisé Amélie Viallet, membre du Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel et maître de conférences au Muséum national d’histoire naturelle à Paris.

Plus de 140 restes de squelette de l’homme de Tautavel, qui vivait il y a environ 450 000 ans, ont déjà été découverts dans la grotte de l’Arago, près du village de Tautavel. Ce site, fouillé depuis cinquante ans par des milliers de bénévoles du monde entier, est l’un des plus importants gisements préhistoriques du monde.

Un site qui n’a pas livré tous ses secrets

Cette dent et celle découverte l’an dernier sont « des éléments extrêmement importants car on se rapproche de l’origine de l’espèce », a déclaré à Reuters Tony Chevalier. Elles vont « contribuer à éclaircir un peu le débat » qui fait actuellement rage sur l’Homo heidelbergensis, l’ancêtre de l’homme de Néandertal, explique cet expert de l’université de Perpignan.

« L’“Homo heidelbergensis” est-il simplement européen ou également africain ? C’est un débat très important. Si on trouve une mandibule entière, on pourra dire s’il y a eu une évolution ou non de l’espèce. »

L’expert n’a qu’un regret, que la dent retrouvée soit une incisive inférieure :

« Ce n’est pas l’élément le plus important. Ce sont des dents très simples et avec peu de caractéristiques. Si nous avions eu une prémolaire ou une molaire, on aurait eu plus d’informations sur l’espèce. »


360 million year old fossils from the Eastern Cape of South Africa unveil the first page...

Article publié par Science in Africa, le 05/09/2013

Un fossile de scorpion vieux de 360 millions d’années a été découvert en Afrique du Sud par Robert Gess, de l’Université de Witwatersrand (Wits). Le plus ancien animal terrestre connu du Gondwana a ainsi été identifié. L’article ci-dessous a paru le 5 septembre 2013 dans « Science In Africa », une revue scientifique africaine en ligne, et est reproduit avec la permission de son auteur, Dr Janice Limson, Editor, Science in Africa Magazine  www.scienceinafrica.com

 

360 million year old fossils from the Eastern Cape of South Africa unveil the first page in the story of terrestrial animal life on the old continent of Gondwana

 

Dr Robert Gess, a South African scientist working in a remote part of the Eastern Cape has today unveiled ground-breaking research  on  fossils which represent  the earliest record of a terrestrial (land living) animal in Gondwana. This is a 360 million year old scorpion from the Late Devonian, a time when the movement of life onto land was still occurring. Gondwana was a giant ancient continent made up of the land masses now known as South America, Australia, Antarctica, India and Madagascar.

 

 

           Fossil showing pincer of a 360 million year old scorpion from the Late Devonian

© University of the Witwatersrand

 

 

The discovery, made during Wits University funded research, was published in the peer reviewed journal African Invertebrates, and consists of fragments of a new species of scorpion (the first Palaeozoic scorpion known from Gondwana).

Dr Robert Gess is excited and rightly so. The discovery comes from shale rocks at Waterloo Farm near Grahamstown in the Eastern Cape of South Africa, close to where he lives. This site has yielded many important fossils to Dr Gess’ painstaking excavations, including the world’s oldest fossil lamprey, which he discovered whilst doing his PhD, and which was published in 2006 in the journal Nature.

           http://www.scienceinafrica.com/sites/default/files/articles/scorpionpourcent20stingpourcent20respourcent20pourcent282pourcent29_0.jpg

© University of the Witwatersrand

“Of course there must have been other terrestrial invertebrates around as scorpions are predatory” acknowledges Gess. “Scorpions, primitive insects and millipedes are known from older rocks in Europe and North America, but this is the oldest record from Gondwana - the first page in the story of terrestrial life in Gondwana”.

Devonian specimens from Australia (also once part of Gondwana) which were thought to be millipede remains were misidentified at the time by scientists and later found to be the remains of aquatic invertebrates.

Gondwanascorpio emzanziensis as the new species of scorpion is known, is therefore the oldest known terrestrial animal from Gondwana.

 

In his paper Gess refers to earlier described terrestrial invertebrates from lower Karoo Supergroup rocks, which were formerly Africa’s oldest terrestrial invertebrates, but which are a staggering 90 million years younger than this discovery.

 

Dr Gess says that although tetrapods (four legged vertebrates) were around in the water during the Late Devonian, they are believed to have only ventured onto land later (during the subsequent Carboniferous Period) to feed on terrestrial invertebrates that had already established themselves.  

The unknown chapter which this discovery opens is an understanding of the land based invertebrates already living in Gondwana. The earliest land living tetrapods are as yet unknown from Gondwana but conditions were right for their being here.

“Until now we had no evidence that the early vegetation of Gondwana was also inhabited with invertebrate animals. For the first time we know for certain that not just scorpions, but whatever they were preying on, were already present during the Devonian. We now know that Gondwana, like Laurasia (the single landmass then comprised of North America, Europe and Asia), had a complex terrestrial ecosystem comprised of invertebrates and plants, by the end the Devonian. It too therefore had all the elements to sustain terrestrial vertebrate life (our four legged ancestors) that emerged around this time or slightly later.

Putting this all into perspective Dr Gess explains: “The first wave of life to come from the water onto land consisted of plants, which gradually increased in size and complexity throughout the Devonian Period. These were closely followed by plant- and debris-eating invertebrates such as primitive insects and millipedes. By the end of the Silurian, predatory invertebrates such as scorpions were feeding on the earlier colonists. In the earliest Carboniferous, early vertebrates had in turn left the water and were feeding on the invertebrates.”


Qui a commencé à faire le singe ? Archicebus se raccroche aux branches, là où Ida trébucha...

Un fossile de la taille d’une souris fait trembler la base des branches de l’arbre phylogénétique des primates et apporte des informations cruciales sur l’origine du groupe.


Reconstitution d’Archicebus. Copyright X. Ni.

Et ça recommence, on nous refait le coup du plus ancien squelette de primate ! En 2009, la découverte d’Ida (le nom de scène de Darwinius masillae), un magnifique fossile de primate retrouvé dans les schistes bitumineux éocènes de Messel (47 Ma) avait provoqué un véritable schisme au sein de la communauté des paléoprimatologues. Ses inventeurs voyaient en Ida une sorte de chaînon manquant entre les singes Haplorrhiniens (anthropoïdes et tarsiers) et Strepsirrhiniens (lémuriens et loris), à grand renfort d’un documentaire Discovery Channel (ici) et d’un logo google (ici) diffusés avant même que la  description du spécimen ne soit publiée … Sitôt la publication parue, une grande partie de la communauté scientifique a rejeté en bloc cette hypothèse. Comme pour scier la branche sur laquelle ils étaient assis, les auteurs de l’étude avaient « choisi » une petite trentaine de caractères pour démêler les relations de parenté d’Ida. Faute d’Ida-ttention ou non, l’équipe avait tout simplement oublié de prendre en compte 15 années de découvertes simiesques récentes, en particulier Eosimias un primate asiatique qui vivait il y a 45 millions d’années et considéré comme un très proche parent des primates anthropoïdes (voire le plus ancien d’entre eux). Désormais, la plupart des spécialistes du groupe s’accordent pour penser qu’Ida appartient à la famille des adapidés, un groupe éteint de primates proches des lémuriens. Evidemment, quand on nous annonce pour la deuxième fois la découverte du plus ancien squelette de primate, on s’attend à une nouvelle peau de banane … Alors, bis repetIda ?

...

[ Lire la suite sur le site "Le Dinoblog Musée des Dinosaures Espéraza" ]

 


Brain size of 'Homo floresiensis 'and its evolutionary implications

Article publié par Proceedings of the Royal Society B, le 17/04/2013

Abstract  by Daisuke Kubo, Reiko T. Kono and Yousuke Kaifu

The extremely small endocranial volume (ECV) of LB1, the type specimen of Homo floresiensis, poses a challenge in our understanding of human brain evolution. Some researchers hypothesize dramatic dwarfing of relative brain size from Homo erectus presumably without significant decrease in intellectual function, whereas others expect a lesser degree of brain diminution from a more primitive, small-brained form of hominin currently undocumented in eastern Asia. However, inconsistency in the published ECVs for LB1 (380–430 cc), unclear human intraspecific brain–body size scaling and other uncertainties have hampered elaborative modelling of its brain size reduction. In this study, we accurately determine the ECV of LB1 using high-resolution micro-CT scan. The ECV of LB1 thus measured, 426 cc, is larger than the commonly cited figure in previous studies (400 cc). Coupled with brain–body size correlation in Homo sapiens calculated based on a sample from 20 worldwide modern human populations, we construct new models of the brain size reduction in the evolution of H. floresiensis. The results show a more significant contribution of scaling effect than previously claimed. 

Texte intégral et illustrations sur : http://rspb.royalsocietypublishing.org/content/280/1760/20130338.full.pdf html?sid=1739482f-9aad-472c-bb3a-f48345ea0f33

 


Les aventuriers du cœlacanthe perdu

Article publié par AFP-ActuOrange.fr, le 05/04/2013

AFP - 05/04/2013 à 18:29

« Fossile vivant », « dinosaure de la mer » : le cœlacanthe, gros poisson vieux de 365 millions d'années, est au cœur d'une ambitieuse expédition naturaliste qui va plonger dans les grands fonds de l'océan Indien, sur la côte orientale d'Afrique du Sud, en quête de l'énigmatique animal.

 

   © AFP  - Un cœlacanthe 

« Taxon Lazare » (« espèce ressuscitée » selon la terminologie scientifique), on le croyait définitivement rayé de la liste des organismes vivants depuis 70 millions d'années, réduit à l'état de fossile. Mais en 1938, coup de tonnerre chez les paléontologues ! Un pêcheur sud-africain remonta dans ses filets un spécimen qui mesurait 1,30 m pour 60 kg.

« C'est comme si on avait découvert un dinosaure vivant. Le cœlacanthe est considéré comme la plus grande découverte zoologique du XXesiècle », souligne le Muséum national d'histoire naturelle (MNHM), maître d'œuvre scientifique de la mission. Baptisée « Gombessa » (nom local du cœlacanthe), l'expédition va s'installer pendant un mois et demi, jusqu'au 15 mai, sur le rivage du parc naturel iSimangaliso, à la frontière du Mozambique.

Au-delà de son âge canonique, le cœlacanthe constitue surtout une curiosité paléontologique avec son anatomie singulière et partiellement ossifiée, ses ébauches de membres sur quatre de ses nageoires, son embryon de poumon primitif et sa boîte crânienne étrangement articulée.

Car il porte en lui les traces du passage entre le poisson et les premiers vertébrés terrestres à quatre pattes, témoin de la sortie des eaux voici quelque 365 millions d'années.

Un témoin toutefois bien peu bavard qui laisse de nombreuses questions sans réponses.

« On ne connaît quasiment rien de la vie du cœlacanthe, de son éthologie, alors que son anatomie a été passée au crible, que plusieurs spécimens ont été disséqués, passés au scanner, à l'IRM », explique à l'AFP Gaël Clément, paléontologue au MNHM et responsable scientifique de l'expédition Gombessa.

« On ignore sa longévité, l'état de sa population existante, ses déplacements, le rythme de sa reproduction et son temps de gestation. On ignore pour quelle raison il meurt en cas de capture, même replongé dans un écosystème proche du sien », énumère le jeune chercheur.

« Il y a un autre mystère. Très peu de juvéniles ou bébés cœlacanthe ont été vus par des plongeurs. Existerait-il une nursery des cœlacanthes, quelque part dans les grands fonds ? », s'interroge Gaël Clément.

C'est pour tenter d'élucider ces mystères que l'expédition a été montée, sous la houlette du plongeur et biologiste marin Laurent Ballesta, 38 ans, familier des périlleuses missions naturalistes en eaux profondes.

À une trentaine de reprises, pendant 45 jours, les plongeurs vont partir à la rencontre de l'antique poisson, dans les grottes et cavités où il s'abrite à quelque 120 m de profondeur.

« C'est la profondeur minimum où le contact entre l'animal et le plongeur est possible, explique Laurent Ballesta à l'AFP. Chargés de 85 kg de matériel, nous mettons 4 min à descendre. Nous restons une trentaine de minutes au fond en quête de l'animal, mais il nous faut cinq heures, de palier de décompression en palier de décompression, pour rejoindre la surface. »

Clef de l'expédition, ces plongeurs sont les messagers des scientifiques de la surface. Et on leur a assigné des protocoles très précis : recueillir du mucus sur les écailles de l'animal par simple toucher avec l'équivalent d'un coton-tige, pour analyser son ADN et établir son génome, filmer ses déplacements au moyen de quatre caméras montées sur un grand compas articulé pour étudier le mouvement de ses nageoires, au rythme de 500 images/s, apposer sur le poisson des balises permettant de le suivre de jour comme de nuit (c'est un animal nocturne)...

« Rien de tout cela n'a été fait auparavant », précise Laurent Ballesta qui a déjà tutoyé le cœlacanthe en 2010, lors d'une première mission de reconnaissance au large de l'iSimangaliso.

« À la deuxième grotte, je le vois ! Posté à l'entrée, toutes ses nageoires pédonculées en action, l'imposant cœlacanthe est là, impassible, sur une autre planète, dans un autre temps... Il me regarde ! », écrivait le plongeur après sa première rencontre avec le mythique poisson

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► Vivez et partagez l'expédition GOMBESSA sur :  http://www.mnhn.fr/museum/front/medias/commPresse/50115_CP-EXPEDITION-GOMBESSA_29032013.pdf

► Voir aussi un reportage (en 3 épisodes)  sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x6iqja_le-mysterieux-fossile-vivant-1-sur_tech#.UWE9RuhOKAg

  


Un caractère unique des Néandertaliens caché dans l'épaisseur des os de leur crâne

Article publié par CNRS Presse.fr, le 27/03/2013

Antoine Balzeau (1), chercheur CNRS au Muséum national d'Histoire naturelle, et Hélène Rougier (2), de la California State University Northridge à Los Angeles, ont observé pour la première fois des structures osseuses très fines à l'intérieur du crâne de spécimens fossiles de Néandertaliens grâce à des méthodes d'imagerie par micro-scanner. Ils ont ainsi identifié une caractéristique unique de l'homme de Neandertal.

Téléchargez le communiqué de presse dans son intégralité

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Notes : (1) Antoine Balzeau est chargé de recherche au CNRS (laboratoire Histoire naturelle de l'Homme préhistorique, Muséum national d'Histoire naturelle/CNRS). (2) Hélène Rougier est professeur assistant au Department of Anthropology, California State University Northridge, 18111 Nordhoff St., Northridge, CA 91330-8244

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Références :A.Balzeau, A. Rougier «New Information on the Modifications of the Neandertal Suprainiac Fossa During Growth and Development and on its Etiology American », Journal of Physical Anthropology, 000:000–000,2013. VC 2013 Wiley Periodicals, Inc.

  


L'extinction des espèces il y a 200 millions d'années due à des volcans

Article publié par AFP/ActuOrange.fr, le 21/03/2013

21/03/2013 à 21h40

De nouvelles datations précises de roches ont confirmé que de gigantesques éruptions volcaniques survenues il y a 200 millions d'années avaient bien provoqué l'extinction soudaine de la moitié des espèces vivantes sur la Terre, ouvrant la voie à l'avènement des dinosaures. 

  © AFP - Éruption volcanique 

Dans une étude publiée jeudi, des chercheurs estiment que cette disparition massive de la fin du triasique s'est produite il y a 201.564.000 d'années, exactement au moment de l'éruption d'une série de volcans qui a bouleversé le climat en émettant d'énormes quantités de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère.

Cette extinction a ouvert la voie à l'avènement des dinosaures qui ont dominé la planète pendant 135 millions d'années avant de disparaître à leur tour voilà 65 millions d'années - une disparition attribuée à la chute d'un énorme astéroïde qui a à son tour bouleversé le climat terrestre.

Les estimations précédentes laissaient une marge d'un à trois millions d'années entre le moment des éruptions volcaniques et de la grande extinction de la fin du triasique. Cette nouvelle datation la resserre à 20.000 ans, soit un court laps de temps en termes d'âge géologique.

 La couche de sédiments correspondant à la période avant les éruptions contenait des fossiles du triasique. Ces derniers sont en revanche totalement absents des couches datant d'après cet événement, indiquent les auteurs de l'étude, publiée dans la revue américaine Science du 22 mars.

 Selon ces chercheurs, cette période pourrait aussi offrir un parallèle historique avec le réchauffement rapide actuel de la planète provoqué par les émissions de CO2, qui pourrait être fatal aux espèces les plus vulnérables incapables de s'adapter rapidement.

 « D'une certaine façon, l'extinction de la fin du triasique a des similarités avec ce que nous vivons aujourd'hui », estime Terrence Blackburn, de la Carnegie Institution, un des co-auteurs de l'étude.

 « L'analyse géologique de cette période pourrait donner des informations sur l'impact d'un doublement, en peu de temps, du CO2 dans l'atmosphère sur les températures du globe et l'acidification des océans, ainsi que les conséquences sur l'écosystème », ajoute-t-il.

 Les éruptions volcaniques se sont produites sur une période de 600.000 ans au cours de quatre temps forts et soudains, durant laquelle quelque 10,4 millions de kilomètres cube de lave ont été rejetés.

 Les chercheurs ont analysé des échantillons de basalte - une roche volcanique - qui se trouvaient en Nouvelle-Écosse (Canada), au Maroc et dans la banlieue de New York.

 À l'époque où ces énormes éruptions se sont produites, il n'y avait qu'un seul vaste continent sur la Terre.  


L'ancêtre commun des mammifères placentaires identifié

Article publié par Le Point.fr, le 08/02/2013

Le Point.fr - Publié le 08/02/2013 à 12:39 - Modifié le 08/02/2013 à 17:41

L'animal serait apparu non pas avant, mais après la catastrophe qui aurait provoqué l'extinction des dinosaures il y a 65 millions d'années.

Représentation artistique de l'ancêtre commun à tous les mammifères placentaires réalisée à partir des traits identifiés par les scientifiques. © Carl Buell

 

Contrairement à ce que l'on pensait jusqu'ici, l'ancêtre commun des mammifères placentaires (qui représentent la grande majorité des mammifères) serait apparu longtemps après la fin des dinosaures il y a 65 millions d'années, selon une étude dévoilée cette semaine dans la revue Science. Des travaux qui apportent l'éclairage le plus complet à ce jour sur l'évolution de cette grande famille qui compte l'homme, le singe ou la baleine. De précédentes études situaient l'émergence de ces mammifères avant l'extinction des dinosaures et de 70 pourcent des espèces de la planète due, selon la théorie la plus communément admise, à l'impact d'un astéroïde qui a bouleversé le climat.

Les chercheurs se sont appuyés sur la plus grande banque de données au monde combinant les traits génétiques et morphologiques des différentes espèces pour reconstruire l'arbre généalogique des mammifères placentaires, la plus importante branche de cette famille avec plus de 5 100 espèces vivantes. Des analyses génétiques avaient laissé penser que les mammifères étaient déjà un groupe diversifié à la fin du crétacé. Désormais, leur essor serait survenu entre 200 000 et 400 000 ans après la fin des dinosaures.

« L'analyse de cette énorme quantité de données montre bien que (...) des espèces comme des rongeurs et des primates n'étaient pas contemporaines des dinosaures, mais descendent d'un ancêtre commun, un petit animal mangeur d'insectes, qui est apparu peu après la fin des dinosaures », relève un des auteurs, Maureen O'Leary, professeur adjoint d'anatomie à l'université Stony Brook (New York, nord-est) et chercheuse à l'American Museum of Natural History. « C'est environ 36 millions d'années plus tard que les estimations basées seulement sur des données génétiques », relève Marcelo Weksler, un paléontologue du Museu Nacional-UFRJ au Brésil, un des 23 co-auteurs de l'étude parue dans la revue américaine Science datée du 8 février.

Changement climatique

Pour remonter jusqu'à l'ancêtre commun des mammifères placentaires - un animal qui devait être de la taille d'un petit rat, avoir un utérus bicorne comme nombre de mammifères, un cortex cérébral avec des circonvolutions et un placenta ressemblant à celui des humains -, ces scientifiques ont collecté et analysé les caractéristiques physiques et génétiques de 86 espèces, dont 40 sont éteintes, mais connues grâce aux fossiles. Ils ont rassemblé 4 500 traits, comme la présence ou l'absence d'ailes, de dents et certains types de squelette, ainsi que d'autres caractéristiques morphologiques qu'ils ont combinés avec les traits génétiques. Cette banque de données contient dix fois plus d'informations que celles utilisées jusqu'alors pour étudier l'histoire des mammifères, soulignent ces chercheurs, précisant qu'elle est accessible au public en ligne et compte plus de 12 000 illustrations (www.morphobank.org).

Ces travaux devraient permettre aussi de répondre à nombre de questions importantes comme celles de savoir comment les mammifères ont survécu au changement climatique dans le passé et ce que cela pourrait signifier dans le futur avec le réchauffement actuel de la planète. Cette étude a également révélé qu'une des branches de ces mammifères appelée Afrotheria, qui englobe les éléphants jusqu'aux oryctéropes, et vivant aujourd'hui en Afrique, est en fait originaire du continent américain. « Déterminer comment ces animaux sont venus en Afrique est une question scientifique importante comme d'autres auxquelles on pourra répondre avec cette banque de données et l'arbre phylogénomique (phylogénie et génomique) des mammifères produit par cette étude », commente Fernando Perini, professeur à l'université fédérale Minas Gerais au Brésil, autre co-auteur. L'étude a été conduite dans le cadre du projet dit de l'Arbre de la vie (Atol) financé notamment par l'Académie américaine des sciences.


La chute d'une météorite a bien été fatale aux dinosaures

Article publié par Le Monde.fr & AFP, le 07/02/2013

Le Monde.fr avec AFP | 07.02.2013 à 21h03 • Mis à jour le 08.02.2013 à 08h28  

La chute d'une météorite de près de dix kilomètres de diamètre au Mexique a bien porté un coup fatal aux dinosaures il y a 66 millions d'années, selon une nouvelle étude publiée jeudi 7 février dans la revue américaine Science. S'appuyant sur des techniques de datation radiométriques de haute précision, cette nouvelle étude indique que la météorite se serait écrasée sur Terre il y a 66 038 000 d'années, soit 33 000 ans avant l'extinction des dinosaures. 

 

L'extinction des dinosaures avait été liée la première fois à la chute d'un astéroïde ou d'une comète en 1980 par le professeur de science planétaire de l'université de Berkeley Luis Alvarez, aujourd'hui décédé, et son fils Walter. © AFP/TORU YAMANAKA 

 

« Nous avons montré que ces événements sont très proches et de ce fait l'impact a clairement joué un rôle majeur dans l'extinction des dinosaures », relève Paul Renne, un professeur à l'université Berkeley et principal auteur de cette étude. « Mais, si l'impact a porté le coup fatal aux dinosaures, ça n'a probablement pas été le seul facteur », ajoute-t-il, citant de fortes variations climatiques durant le million d'années avant leur disparition, dont de longues périodes froides, causées notamment par une série d'énormes éruptions volcaniques en Inde.

CRATÈRE DE CHICXULUB

Ces nouvelles estimations mettent fin à la confusion créée par les précédentes études sur la date de la disparition soudaine des dinosaures et de nombreuses créatures marines, déduites à partir de l'étude des fossiles. Les travaux précédents laissaient en effet penser que ce gigantesque impact qui a bouleversé le climat terrestre s'était produit 300 000 ans avant la disparition soudaine des dinosaures.

L'extinction des dinosaures avait été liée la première fois à la chute d'un astéroïde ou d'une comète en 1980 par le professeur de science planétaire de l'université de Berkeley Luis Alvarez, aujourd'hui décédé, et son fils Walter. L'impact a formé un cratère, appelé Chicxulub, de 177 kilomètres de largeur dans les Caraïbes au large des côtes du Mexique. 


Les oiseaux sont des dinosaures

Article publié par Le Figaro.fr, le 22/01/2013

Par Yves MISEREY  Mis à jour le 23/01/2013 à 08:54 | publié le 22/01/2013 à 19:02 

En Chine, la découverte de nombreux dinosaures à plumes renforce cette théorie. 

  Gros comme un pigeon, le dinosaure découvert en Chine avait une sorte de duvet sur la queue et sur une grande partie du corps. © Le Figaro  

 

Encore un nouveau dinosaure à plumes découvert dans la province de Liaoning, au nord-est de la Chine. Gros comme un pigeon, il avait une sorte de duvet sur la queue et sur une grande partie du corps. Ses plumes étaient un peu plus longues sur les ailes et le dos des pattes. « Il ne devait pas être gêné pour courir », souligne Pascal Godefroit, de l'Institut royal des sciences naturelles de Bruxelles. Le chercheur belge qui est aussi depuis quinze ans professeur invité à l'université de la province de Jilin, voisine de celle de Liaoning, est le premier auteur de l'étude consacrée à cet étrange animal. Elle est publiée le 22 janvier dans la revue Nature Communications.

Daté du Jurassique supérieur (près de - 150 millions d'années), le fossile est particulièrement bien conservé. Ses rémiges (les grandes plumes des ailes) sont nettement visibles ainsi que le duvet. Avec ses petites dents acérées, le dinosaure devait croquer les insectes dont il reste de très nombreux fossiles dans la couche de sédiments où il a été trouvé. La vie pullulait dans ce milieu lacustre et forestier.

Baptisé Eosinopteryx brevipenna

Le nouveau dinosaure a été baptisé Eosinopteryx brevipenna (nom qui signifie « aile chinoise de l'aube à plumes courtes »). Son squelette est très proche de celui de l'Anchiornis, un autre dinosaure qui avait, lui, de nombreuses et longues plumes. Ce petit dinosaure à la longue queue emplumée était doté de deux paires d'ailes, l'une constituée par les membres antérieurs, l'autre par les pattes arrière. L'Anchiornis devait planer entre les arbres comme un écureuil volant. Eosinopteryx se contentait de courir.

« Avec cette nouvelle découverte, on sait qu'au Jurassique il y avait déjà une extraordinaire diversification chez les dinosaures à plumes. Elle existait bien avant le Crétacé comme on le croyait jusqu'alors », indique Pascal Godefroit. L'avenir devrait le confirmer. « On a encore toute une collection de fossiles de dinosaures à plumes issus de cette région de la Chine qui va le démontrer », ajoute le chercheur. Les archives paléontologiques du Liaoning n'ont pas fini de nous surprendre et de nous émerveiller.

Dès le XIXe siècle, un petit nombre de scientifiques affirmaient déjà avec Thomas Huxley que les dinosaures sont les lointains ancêtres des oiseaux. Cette théorie est restée longtemps controversée mais les choses ont beaucoup changé au cours des quinze dernières années. « Depuis 1996, on n'arrête pas de découvrir en Chine de nouveaux fossiles de dinosaures de bonne qualité. C'est la révolution. On peut dire maintenant que les oiseaux sont des dinosaures », affirme Pascal Godefroit. Comme on peut dire aussi que tous les dinosaures carnivores avaient des plumes. « Quand on trouve un fossile de dinosaure, maintenant, on cherche les traces de ses plumes même s'il est mal conservé, ce que l'on ne faisait jamais auparavant car on croyait qu'ils n'en avaient pas », souligne le chercheur belge.

Dans certaines zones du Liaoning, la chasse aux fossiles fait désormais partie de l'économie locale. Les musées rachètent les plus beaux spécimens découverts par les paysans qui n'ont pas le droit de fouiller. Selon Pascal Godefroit, toute cette activité donne lieu à « un trafic épouvantable ». Les paléontologues ont toutes les peines du monde à récupérer les pièces les plus exceptionnelles. 

   


Découverte des plus anciennes pointes de lance

Article publié par Le Monde, le 16/11/2012

 

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 15.11.2012 à 14h15 • Mis à jour le 16.11.2012 à 09h43 Par Hervé Morin

La longue histoire des armes de chasse s'enrichit d'un nouveau chapitre, avec la découverte en Afrique du Sud de pierres taillées datées de 500 000 ans, qui auraient servi de pointes fixées sur des lances. Ce qui vieillit de 200 000 ans l'invention de cette technologie, qui pourrait désormais être attribuée à Homo heidelbergensis, et non à Homo neanderthalensis ou à Homo sapiens, apparus plus récemment.

Pointe de pierre taillée vieille de 500 000 ans, retrouvée sur le site de Kathu Pan 1 en Afrique du Sud (barre d'échelle = 1cm). © Jayne Wilkins

 

Ces pierres taillées, décrites par Jayne Wilkins (département d'anthropologie de l'université de Toronto) et ses collègues dans la revue Science du 16 novembre, ont été trouvées lors de fouilles sur le site de Kathu Pan, en Afrique du Sud. Dans des niveaux datés d'environ 500 000 ans, les chercheurs ont exhumé une collection de fines pointes triangulaires, de trois à dix centimètres de long environ.

CARCASSES D'ANTILOPES

Observées au microscope, nombre d'entre elles présentaient des fractures à leur extrémité, « ce qui, du point de vue archéologique, implique qu'elles étaient utilisées au bout d'armes ». En outre, à la base de certaines d'entre elles, des éclats de pierre avaient été retirés. « Ce travail pourrait refléter une taille intentionnelle visant à permettre la liaison avec un manche » - en l'occurrence, un épieu.

Pour mettre à l'épreuve cette hypothèse, l'équipe a reproduit des pointes lithiques similaires, taillées dans la même roche sédimentaire ferreuse. Elle les a fixées à des hampes de bois avec de la résine d'acacia et des tendons de boeuf. Et elle a utilisé une arbalète pour reproduire précisément des coups de lance, donnés à bout portant sur des carcasses d'antilopes. 

Ces pointes sont des copies modernes fabriquées pour étudier l'usure de ces outils lithiques: des tests ont été effectués sur des carcasses d'antilopes. © Jayne Wilkins 

 

 

« Ces pointes ont bien fonctionné et ont pénétré de façon adéquate dans la cible », notent les chercheurs, qui ajoutent que, sur les 32 répliques testées, il a fallu tirer à de multiples reprises pour voir apparaître des dommages sur la pointe. Deux fois seulement, la pièce s'est retrouvée trop endommagée pour resservir.

« C'est vraiment une surprise de rencontrer de tels objets à une période aussi ancienne », commente Vincent Mourre, de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap). Il souligne que l'Afrique du Sud, peu explorée sur le plan archéologique, est un terrain prometteur pour de telles découvertes.

RABATTRE ET CERNER LE GIBIER

 Comment Homo heidelbergensis (dont le statut d'ancêtre de Neandertal et/ou d'Homo sapiens est débattu) tirait-il profit de cette innovation ? A cette époque, ni le propulseur, apparu il y a 20 000 ans, ni l'arc, né il y a 12 000 ans, ne sont disponibles. « On pense qu'il s'agissait d'armes non de jet mais d'hast, gardées à la main au moment de porter le coup, indique Vincent Mourre. Cela impliquait des chasses collectives, avec l'utilisation du terrain pour rabattre et cerner le gibier, qu'il fallait pouvoir s'approcher. »

 En quoi la pierre était-elle avantageuse par rapport à un épieu de bois ? « Une arme composite pouvait être un bon investissement : vous conservez le manche, et il suffit de quelques minutes pour tailler une nouvelle pointe » note Vincent Mourre, passé maître dans la facture de tels outils. 


Découverte exceptionnelle en France : un squelette complet de mammouth

Article publié par AFP/ActuOrange, le 07/11/2012

 Le squelette pratiquement complet d'un mammouth, qui aurait vécu entre 200.000 et 50.000 ans avant notre ère, a été mis au jour en Seine-et-Marne, une découverte exceptionnelle en France, puisque seuls trois autres spécimens ont jusqu'ici été trouvés. 

 

Des ossements d'un mammouth mis au jour dans une carrière de Changis-sur-Marne (Seine-et-Marne), le 6 novembre 2012  - Photo : ©Loic Venance/AFP

 

Cerise sur le gâteau pour les archéologues, des éclats de silex ont été découverts près du crâne de l'animal, suggérant un contact entre le mammouth et l'homme de Néandertal. Ils semblent avoir été utilisés pour découper l'animal, a précisé le responsable scientifique de la fouille, Gregory Bayle.

Présentés sur le site mardi à la presse, les ossements de taille impressionnante ont été découverts l'été dernier dans une carrière de Changis-sur-Marne, sur les berges de l'ancien lit de la Marne, à l'occasion de la fouille d'un site gallo-romain par l'Institut de recherches archéologiques préventives (Inrap).

Une « fouille de sauvetage » a alors été mise en place début octobre.

Sur le sol sableux, on reconnaît facilement les deux défenses imposantes, un fémur et la partie du bassin où il trouvait sa place, un humérus, une mandibule, quatre vertèbres encore connectées et passant sous les omoplates. Le tout est dispersé, mais dans un périmètre très restreint. « C'est fascinant de pouvoir travailler sur un animal aussi emblématique que le mammouth » a souligné Gregory Bayle. Les os sont globalement en très bon état, préservés par des sédiments riches en calcium.

Le squelette ainsi mis au jour doit maintenant être moulé, puis « démonté », avant d'être analysé dans les laboratoires du Muséum national d'Histoire naturelle et de Géographie physique du CNRS de Meudon (Hauts-de-Seine), a indiqué Jean-Marc Gouedo, conservateur en chef à la Direction régionale des affaires culturelles.

Helmut a-t-il été chassé ?

L'examen des ossements devrait permettre de préciser la datation et de reconstituer l'histoire de l'animal, baptisé « Helmut » par l'équipe de fouille même si on ignore encore s'il s'agit d'un mâle ou d'une femelle. Des éléments importants car le mammouth d'Europe de l'Ouest reste mal connu.

Il s'agira surtout de tenter de préciser ses liens avec l'homme : a-t-il été tué ou est-il mort naturellement, a-t-il été chassé ou dépecé après sa mort naturelle ?

Les scientifiques chercheront en particulier sur les os des traces d'épieux, qui conforteraient l'hypothèse débattue selon laquelle l'Homme de Neandertal avait la capacité de chasser de grands mammifères, a expliqué Pascal Depaepe, directeur scientifique et technique à l'Inrap. Les « preuves de chasse » sur le mammouth restent à ce jour exceptionnelles.

Les archéologues ont déjà pu déterminer que le mammouth de Changis était un adulte jeune, entre 20 et 30 ans.

Il s'agit probablement d'un mammouth laineux, qui se caractérisait par de longues défenses utilisées pour dégager le fourrage de sa gangue de neige. A l'époque, l'Ile-de-France devait ressembler à une steppe de Mongolie, avec un climat sibérien... L'animal pouvait atteindre 2,80 m à 3,40 m au garrot pour environ 5 tonnes.

Il restera enfin aux scientifiques à expliquer la présence sur le même site de Changis d'éléments d'un second squelette de mammouth, un humérus et un fragment de défense.

Quant à Helmut, il leur faudra choisir une structure qui puisse l'accueillir et sans doute le présenter au public.  


Néandertal, le raffinement de l’homme moderne

Article publié par Libération, le 03/11/2012

1 novembre 2012 à 19:06 (Mis à jour: 3 novembre 2012 à 10:40)  

Par SYLVESTRE HUET

Les datations d’os de néandertaliens d’Arcy-sur-Cure renforcent la théorie selon laquelle ils ont subi l’influence culturelle de Cro-Magnon.

 Femme de Néandertal prenant un bain, lors d'une exposition en Croatie en 2010. (Photo : © Nikola Solic/Reuters) 

Néandertal, sur la fin, se fit homme raffiné. Une sorte de chant du cygne. Et c’est en se frottant à ses cousins Cro-Magnon qu’il acquit ce surcroît de culture le conduisant à fabriquer des artefacts d’os, des sagaies légères et des ornements corporels jusqu’alors inconnus dans ses grottes et campements. Cependant, nulle volonté de transfert de technologies sur mode de coopération Nord-Sud là-dedans, assène le préhistorien Jean-Jacques Hublin, « c’est bien l’homme moderne qui est responsable de l’extinction de Néandertal ».

A la tête d’une équipe internationale de huit chercheurs, Hublin vient de publier (1) un article qui porte sur une question centrale de la préhistoire. Comment, il y a environ 40 000 ans, les populations néandertaliennes d’Europe ont-elles été remplacées, au plus tard il y a 35 000 ans, par l’homme anatomiquement moderne ? Ce dernier, originaire d’Afrique, a en effet supplanté, partout dans le monde où elles préexistaient, des populations humaines.

De la brute épaisse, au gentil écolo 

Ce remplacement est au cœur de polémiques anciennes et virulentes entre préhistoriens qui s’affrontent sur les raisons qui peuvent l’expliquer : guerres, climat, submersion démographique par Cro-Magnon ? Autant d’hypothèses soutenues avec des raisonnements pour le moins faibles ou des « preuves empiriques » bien maigrelettes, souligne Hublin. Ces débats ont eu de vifs échos bien au-delà des laboratoires, repris dans des productions culturelles - livres (2), films de fiction, conférences - qui remportent souvent du succès auprès du grand public.

Dans ces joutes scientifiques, Jean-Jacques Hublin est souvent apparu comme le caustique. Dénonçant le mouvement de balancier qui, pour récuser la figure de brute épaisse collée sur Néandertal par les premiers préhistoriens, en a construit une image magnifiée, soulignant ses capacités intellectuelles et culturelles. Surtout, cette composition s’est doublée d’une vision parfois rousseauiste, « l’homme préhistorique comme écolo, gentil et tolérant », s’amuse Hublin. Une vision récusant l’idée que notre ancêtre direct, le chasseur Cro-Magnon, auteur des magnifiques ornements dans les grottes de Chauvet (Ardèche), Lascaux (Dordogne) ou Altamira (en Espagne), puisse être un méchant exterminateur de néandertaliens, comme l’Européen a massacré les Amérindiens.

Retour à la science et à sa démarche, réclame-t-il. L’argument majeur de la publication de l’équipe dirigée par Hublin repose donc sur la technologie. Les progrès techniques récents des datations absolues de fossiles humains changent la donne et permettent de reconstituer un scénario plus précis de ce remplacement, soutient-il. Jean-Jacques Hublin bénéficie là de son recrutement, il y a quelques années, par le Max-Planck Institute de Leipzig, un centre de recherche sur l’évolution humaine installé en ex-RDA après la réunification allemande, bien doté en crédits, équipements et techniciens.

Avec un traitement du collagène des os fossiles et l’utilisation d’un spectromètre de masse à Mannheim, son équipe a pu produire de très précises datations au carbone 14 de 40 échantillons osseux de la grotte du renne, sur le site d’Arcy-sur-Cure (Yonne), et d’un tibia néandertalien de la grotte de Saint-Césaire (Charente-Maritime).

De l’épieu à la sagaie 

Dans ces cavernes, les préhistoriens ont depuis longtemps identifié une culture - à la manière de tailler et d’utiliser les pierres - baptisée par la suite « Châtelperronien ». Datée aux environs de 40 000 ans, elle semble constituer un intermédiaire, tant au plan chronologique que culturel. Avant, c’est le Moustérien, la culture des néandertaliens et des hommes modernes durant des dizaines de milliers d’années. Et après, c’est l’Aurignacien, celle des hommes modernes de la grotte Chauvet, il y a 37 000 ans. Mais à qui doit-on le Châtelperronien, aux néandertaliens ou à Cro-Magnon ? Et si c’est aux premiers, pourquoi et comment ont-ils inventé cette nouvelle culture… juste avant de disparaître ?

Hublin défend l’idée d’une « acculturation » des derniers néandertaliens européens par les premiers hommes modernes arrivés en Europe, il y a environ 50 000 ans. C’est à leur contact qu’ils auraient, pour 3 000 ou 4 000 ans, inventé cette culture. Parmi les traits significatifs, on relève les « lamelles » de pierres. De petits éclats coupants, collés sur des sagaies utilisées comme armes de jet. Avant, Néandertal ne semble connaître que l’épieu, qui suppose de s’approcher au plus près de l’animal à abattre. Au point que certains préhistoriens ont glosé sur son incapacité à «concevoir» de tuer sans contact direct. On relève aussi des outils d’os, jusqu’alors absents des campements. Et surtout des ornements - dents, fossiles ou coquillages - percés pour façonner colliers ou bracelets. L’homme moderne en fabrique depuis près de 100 000 ans, montrent des sites africains. Mais pas Néandertal, jusqu’à il y a 40 000 ans.

Avec des datations bien plus précises que ses collègues d’Oxford (3), Hublin tranche le débat sur l’attribution du Châtelperronien. « Nous parvenons à dater la toute fin [de cette culture], soit une période de cinq cents ans, il y a 40 000 ans, où l’association des restes néandertaliens et des artefacts est incontestable. » Ces datations affinent le scénario de la cohabitation de l’homme moderne et de Néandertal. Ce dernier a pu côtoyer les Cro-Magnon qui ont migré depuis l’est durant des milliers d’années. Pour Hublin, ils se sont succédé, mais « à l’échelle de l’Europe. Dans la grotte d’Arcy-sur-Cure, on voit l’homme moderne s’installer il y a 35 000 ans. Mais il n’y a pas eu de chassés-croisés pour une même grotte ».

Fugaces accouplements et rares histoires d’amour 

Qu’imaginer comme rencontres permettant ce transfert culturel, qui n’est pas une imitation à 100 pourcent, précise Hublin ? « Certes, Néandertal produit des objets nouveaux, mais avec ses techniques propres de taille des pierres ou de percement des dents. » De là à imaginer qu’après avoir pris sur la figure une sagaie de Cro-Magnon, un néandertalien se soit empressé d’imiter l’objet, il n’y a qu’un pas à franchir.

 Néandertal a-t-il également fricoté et croisé ses gènes avec Cro-Magnon ? Les rares traces d’ADN néandertalien dans le génome actuel des hommes permettent d’évoquer de fugaces accouplements au Proche-Orient, il y a de 80 000 à 40 000 ans. Ont-ils été suivis par des histoires d’amour - ou de rapt et de viol - en Europe vers 40 000 ans ? Ce n’est pas impossible, mais rare, dit en substance Hublin, pour qui la réponse ne pourra venir que de l’ADN d’os fossiles d’hommes modernes.

 Capables d’innover, pourquoi les néandertaliens ont-ils disparu ? A cette question, absente de l’article paru dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), Hublin répond par une histoire pas gentillette du tout, en évoquant la disparition de nombreuses espèces animales - mastodontes, ours des cavernes, kangourous géants - qui coïncide avec l’arrivée des hommes modernes en Europe, en Amérique ou en Australie. Inclure Néandertal dans la liste fait sursauter les bonnes âmes, mais semble une piste fort réaliste au regard des nombreuses traces de violences dans l’histoire de notre espèce. Et l’hypothèse se renforce si l’on songe que Néandertal avait un sacré handicap en terme de démographie, de taille de ses unités de vie et de réseau entre elles.

________________________

(1) Jean-Jacques Hublin et al.,« PNAS », 29 octobre 2012. (2) Les romans de Jean Auel. (3) Tom Higham, dans « Nature » du 2 novembre 2011. 


Pologne: découverte du fossile de la plus ancienne tortue au monde

Article publié par AFP/ActuOrange, le 22/10/2012

 Extrait d'une boue argileuse à proximité d'une décharge publique dans le sud de la Pologne, le fossile d'une carapace de tortue est désormais reconnu par les scientifiques comme le plus ancien jamais découvert dans le monde et le plus complet à la fois.



 Photo : © Janek Skarzynski/AFP -  Un os provenant du plus ancien fossile de tortue découvert jusqu'ici, montré à Varsovie le 27 septembre 2012 
 
Daté par les chercheurs de l'Institut de paléontologie de Varsovie à 215 millions d'années, le fossile pourrait donner des réponses à de nombreuses questions que suscite ce reptile, vénéré jusqu'à nos jours dans de nombreuses civilisations à travers le monde.

« Les fossiles de la fin du Trias sont très rares. Il y seulement huit sites dans le monde où l'on peut les trouver. Ici, en Pologne, nous avons découvert la collection de fossiles la plus ancienne et la plus complète à la fois », explique Tomasz Sulej, paléontologue de l'Académie des Sciences polonaise, qui a eu la chance de faire cette découverte dans la région de Cracovie.

« Je me dis que c'est mon ange gardien qui m'a guidé vers ce lieu », a-t-il raconté à l'AFP en évoquant ce jour de septembre 2008 quand, mené par une intuition, il est allé piocher près de la ville de Poreba.

Quatre ans plus tard, des tests ont confirmé ce qu'il pressentait: le fossile s'est révélé être bien celui de la tortue la plus ancienne au monde.

The Journal of Vertebrate Paleontology, la prestigieuse revue de la paléontologie des vertébrés, et l'édition polonaise du National Geographic en ont fait l'annonce en août.

Un fossile d'un âge similaire avait été découvert en Allemagne. Mais la découverte en Pologne comprend, outre la carapace, des ossements tels que des vertèbres du cou et de la queue ainsi que des os des pattes, une découverte unique jusqu'à présent.

« Nous avons découvert deux espèces, dont l'une inconnue », affirme le paléontologue polonais.

Son groupe de chercheurs a identifié l'une des espèces comme celle appartenant aux Proterochersis, ressemblant au fossile de Proterochersis robusta découvert en Allemagne, alors que la deuxième,plus petite, semble être inconnue jusqu'à présent.

La découverte de Tomasz Sulej a suivi celle d'un dinosaure daté de 200 millions d'années, trouvé en 2006 près du village de Lisowice, dans la même région. Les chercheurs l'avaient surnommé « Smok Wawelski » (Dragon du Wawel), une bête légendaire connue de tous les enfants en Pologne, qui crachait du feu depuis sa caverne au pied du château royal de Wawel à Cracovie.

Pour M. Sulej, les fouilles, c'est comme la Quête de Saint-Graal pour les chevaliers de la Table ronde.

Bien qu'on ne puisse pas prélever de cellules pour des tests ADN sur un fossile, l'étude de sa structure pourrait donner des réponses sur les origines des tortues.

« Chaque nouveau fossile de tortue est inestimable, car il peut donner des réponses sur les origines de cette espèce de reptile », déclare-t-il à l'AFP.

Jusqu'à présent, on pensait que les tortues provenaient des Procolophonidae, une famille de petits para-reptiles qui vivaient dans le Permien, la dernière période du Palézoïque, il y a environ 300 millions d'années.

Un fossile d'Odontochelys semitestace, découvert en 2008 en Chine et daté à 220 millions d'années, a aussi été classé par des experts comme un ancêtre de la tortue. Il avait une carapace protégeant le ventre mais, contrairement aux tortues, il avait des dents et pas de carapace au dos.

Des tests ADN sur les tortues vivant actuellement permettent de constater qu'elles appartiennent au groupe lié aux crocodiles, selon M. Sulej.

Peu de prédateurs, à part l'homme

Les étoiles jaunes sur la carapace de la Tortue Rayonnée, une espèce originaire de Madagascar, fascinent les écoliers en sortie de classe au jardin zoologique de Varsovie.

« Sa carapace fait penser à un char », dit Wojtek, 12 ans, élève en sixième.

Et pourtant, les tortues qui ont su résister grâce à leur carapace aux prédateurs naturels pendant des millions d'années, se sont avérées vulnérables face à l'homme.

Elles sont chassés pour leur viande ou comme remède dans la médecine traditionnelle, ou encore capturées illégalement pour servir d'animaux domestiques.

Près de la moitié des 328 espèces de ces reptiles vivant dans les eaux douces ou marines, voire sur terre, sont menacées, avertit la Coalition pour la protection de la tortue, une organisation internationale.

« Après (avoir survécu) des millions d'années, de nombreuses espèces de tortues sont aujourd'hui en voie de disparition, chassées massivement pour être consommées à grande échelle, essentiellement en Asie », souligne Mariusz Lech, en charge des tortues au jardin zoologique varsovien.

Réputées pour leur longévité - certaines espèces peuvent vivre jusqu'à 130 ans - les tortues ont symbolisé la longue vie, la stabilité, la sécurité dans les mythes fondateurs de diverses civilisations à travers le monde, depuis les peuples de l'Inde jusqu'aux Indiens d'Amérique du Nord.

« Sans mesures de protection radicales, certaines espèces peuvent réellement disparaître dans 20 ans », affirme M. Lech.

 


Le génome d'un cousin de Néandertal décrypté

Article publié par Le Figaro.fr, le 30/08/2012

 Par Jean-P  Par Jean-Luc Nothias, publié

 Le site de la grotte de Denisova, au sud de la Sibérie, dans laquelle deux molaires et une phalange de doigt fossilisés ont été retrouvés.

Photo : © Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology

 

 Les conditions exceptionnelles de conservation à l'intérieur de la grotte ont permis de récupérer de l'ADN.

Les archéologues russes qui ont découvert, en 2008, dans la grotte de Denisova, dans les montagnes de l'Altaï, au sud de la Sibérie, deux molaires et une phalange de doigt fossilisés, ne se doutaient sans doute pas de l'importance de leur trouvaille. L'occupation humaine sur le site a apparemment démarré il y a 280 000 ans, mais les fossiles en question dateraient, eux, d'entre 80 000 et 50 000 ans.

Après examen, la phalange s'est révélée être celle d'une enfant d'environ 7 ans. Les conditions exceptionnelles de conservation à l'intérieur de la grotte ont permis de récupérer de l'ADN. Et en 2010, son analyse génétique montrait qu'elle appartenait à une branche d'hominidés nouvelle, distincte de l'homme moderne (Homo sapiens) et aussi de l'homme de Néandertal. D'abord appelé homme de l'Altaï, il devint homme de Denisova, représentant des dénisoviens. Aujourd'hui, la même équipe de l'institut Max Planck, dirigée par Svante Pääbo, vient de procéder à l'analyse précise des gènes de ces dénisoviens (publiée dans la revue Science). Avec des résultats étonnants.

Cheveux et yeux bruns

Mais d'abord la performance technique. Car, grâce à une nouvelle méthode de séquençage beaucoup plus efficace que les précédentes, les chercheurs ont pu obtenir 30 fois la quantité d'ADN du noyau cellulaire et ainsi décrypter 99 pourcent de la séquence du génome dénisovien. Ce qui a permis de le comparer avec ceux du néandertalien et de l'homme moderne. « Il est vrai que la performance technique est exceptionnelle, confirme Jean-Jacques Hublin, professeur de paléoanthropologie à l'institut Max Planck de Leipzig (Allemagne). Aussi bien par la qualité du séquençage que par la quantité infime de matériel prélevé sur le fossile. Ils n'ont utilisé que 40 milligrammes prélevés sur le fossile! Quand on a commencé à travailler sur de l'ADN très ancien, beaucoup ont eu peur que cela détruise les fossiles. Les technologies actuelles éloignent ce risque de plus en plus. »

Le portrait des dénisoviens se précise. La fillette dont le génome a été examiné portait des gènes en rapport avec une peau foncée, des cheveux et des yeux bruns tels qu'on les retrouve dans les populations actuelles. Ces recherches confirment également que les dénisoviens sont un groupe frère des néandertaliens.

Après l'apparition de leur ancêtre commun en Eurasie, les deux groupes ont été séparés pendant au moins 250 000 ans. Plus tard, il y a quelque 50 000 ans, à l'arrivée en Asie des populations africaines ancêtres de l'homme moderne, les dénisoviens ont contribué à hauteur d'environ 6 pourcent au génome des peuplements de l'Australie et de la Mélanésie. Du matériel génétique néandertalien se retrouve lui aussi en plus faible quantité dans les populations d'Asie, d'Amérique du Sud et d'Europe. Cependant, l'historique et l'ampleur de ces phénomènes d'hybridation entre hommes modernes, néandertaliens et dénisoviens restent encore en débat.

Nouvelles pièces au puzzle

« L'autre information nouvelle apportée par cette étude concerne la démographie de ces groupes estimée par la diversité génétique », explique Jean-Jacques Hublin. Ainsi, il semble que l'effectif des populations dénisoviennes ait été faible. Mais la consanguinité étant exclue, il est possible que leur population se soit accrue sans que la diversité génétique ait eu le temps de se développer. Des recherches en cours du côté des néandertaliens pourraient apporter des nouvelles pièces au puzzle.

Avec ces nouvelles données génétiques, les paléontologues sont en mesure de quitter la simple construction d'arbres généalogiques pour mieux comprendre l'évolution des caractères. « On peut voir grâce à ces travaux que les gènes les plus affectés par l'évolution de la lignée humaine moderne sont directement liés au développement du cerveau et à la mise en place de connexions cérébrales de plus en plus élaborées, estime Jean-Jacques Hublin. Des parties du génome qui régulent l'expression de ces gènes montrent elles aussi des particularités uniques .»

Pour Svante Pääbo, « ce qui est bien, c'est que la liste des gènes identifiés n'est tout de même pas astronomique et que notre groupe de recherche et d'autres pourront probablement analyser la majorité d'entre eux d'ici une décade ou deux. » La suite de l'histoire de ces recherches se fera dans les laboratoires des anthropologues, des généticiens mais aussi avec des chercheurs de fossiles. Sur le terrain ou dans les collections amassées dans les muséums. Car il y a peut-être, dans les vastes tiroirs et caisses de ces institutions, des fossiles dénisoviens qui attendent d'être identifiés… grâce à quelques brins d'ADN fossile.

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NDLR de l'APVSM : voir l'article paru dans Science   http://news.sciencemag.org/sciencenow/2012/08/genome-brings-ancient-girl-to-li.html   dont sont extraites ci-dessous photo et légende

Slice of life.This replica of a tiny finger bone from Denisova Cave yielded an entire genome. (© Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology)

 


Un nouveau type de dinosaure découvert près d'Aix-en-Provence

Article publié par AFP/ActuOrange, le 26/08/2012

26/08/2012 à 21:30  

Des paléontologues ont découvert un nouveau type de dinosaure, vieux de 75 millions d'années, au cours de fouilles entamées en 2002 dans les collines de la commune de Velaux, près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône, sud-est de la France).

  

Cette photo, réalisée le 23 août 2012 et transmise par la ville de Velaux (sud-est de la France), montre des paléontologues sur un chantier de fouilles où a été découvert un nouveau type de dinosaure (Photo © AFP)

Sur ce site de 300 m2, propriété du Conseil général, au potentiel mis au jour en 1993, les chercheurs ont réalisé trois opérations - en 2002, 2009 et 2012 - en toute discrétion afin d'empêcher d'éventuels pillages.

Baptisée Atsinganosaurus velauciensis (dinosaure tzigane) du fait de ses affinités avec ses cousins de Roumanie, cette nouvelle espèce fait partie de la famille des titanosaures, dont trois autres genres avaient jusqu'ici été recensés en Europe.

« Nous avons retrouvé plus de 70 pourcent du squelette de l'animal, mais pas le crâne malheureusement. Nous allons pouvoir en réaliser une reconstitution fidèle », souligne Géraldine Garcia, de l'université de Poitiers (centre-ouest), qui a effectué les recherches en collaboration avec l'Institut royal des Sciences naturelles de Bruxelles.

Selon les premiers éléments, cet herbivore, aux petites dents en forme de cylindre, mesurait 12 mètres de long pour une constitution « gracile ».

Sur le même site, de nombreux autres fossiles ont été découverts, tous datant de la période du Crétacé supérieur, il y a 75 millions d'années, juste avant l'extinction des dinosaures. Parmi lesquels un crâne de crocodile, des carapaces et plastrons de tortues, ainsi que des ossements d'autres dinosaures (Ankylosaure, Rhabdodon, etc.).

« Ces carcasses enchevêtrées les unes aux autres ont été transportées à faible courant, d'où leur état de conservation assez exceptionnel », précise Mme Garcia.

Les ossements seront analysés à Poitiers et Bruxelles avant d'être confiés au musée appartenant à la ville de Velaux.

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NDLR de l’APVSM : Nous vous recommandons le visionnage de la vidéo proposée par le lien suivant (cliquez dessus)

http://videos.tf1.fr/jt-20h/un-gigantesque-squelette-de-dinosaure-mis-au-jour-pres-d-aix-en-7498428.html

  

 

 


Deux nouveaux dinosaures et un arbre fossile découverts en Charente

Article publié par Sud-Ouest, le 21/08/2012

Publié le 21/08/2012 à 15h18
Par Philippe Ménard 

La troisième saison de fouilles sur le site d’Angeac-Charente, entre Jarnac et Cognac, a de nouveau été prolifique

 Un tronc de plus de neuf mètres, appartenant à une forêt fossilisée de 130 millions d'années, est ici dégagé de l'argile. (Photo © Philippe Ménard)

Après six semaines de fouilles, le chantier paléontologique d’Angeac-Charente se prépare à quitter le terrain sur un bilan très positif.

Une nouvelle découverte spectaculaire a été présentée ce mardi matin. Après avoir exhumé plusieurs morceaux de conifères, c’est un tronc de plus de neuf mètres qui a été dégagé de l’argile. Cette forêt fossilisée âgée de 130 millions d’années précise l’idée du cadre marécageux dans lequel s’ébattaient les dinosaures à cette époque.
Deux espèces supplémentaires se sont invitées cet été dans le bestiaire d’Angeac. Une dent qui aurait appartenu à un Eotyrannosaurus, l’ancêtre du tyrannosaure, atteste de la présence de ce carnivore dans la région. Les fouilleurs ont également trouvé deux vertèbres d’ankylosaure, un quadrupède herbivore doté d’une solide carapace.

La majorité des os retrouvés jusqu’ici appartiennent à des ornithomimosaures. Les chercheurs disposent également de plusieurs dizaines d’os de sauropodes, et hésitent encore pour déterminer s’il y avait un ou plusieurs individus. Un fémur record de 2,20 mètres permet de dire que l’un d’eux mesurait une quarantaine de mètres.
Les deux autres espèces relevées n’ont pour l’instant livré que quelques dents, ce qui n’authentifie pas une présence du squelette entier sur place. Il s’agit du carcharodontosaure, un dinosaure carnivore, et d’un autre qui pourrait être un iguanodon ou un hypsilophodon.

Les chercheurs et le dessinateur Mazan tiennent la chronique de leurs découvertes sur facebook, dans les pages « Petit carnet paléo» et « fouilles paléo d’Angeac-Charente».

 


La cinquième mandibule humaine découverte à Tautavel extraite de la grotte

Article publié par AFP-ActuOrange, le 20/07/2012

AFP  20/07/2012 à 16:50

La mandibule d’Homo erectus européen vieille de 450 000 ans découverte le 6 juillet dans la grotte de Tautavel (Pyrénées-Orientales) a été extraite vendredi après-midi du sol après deux semaines d'un travail méticuleux. 

Photo : © Raymond Roig/AFP - La mandibule d'Homo erectus européen découverte dans la grotte de Tautavel en est extraite le 20 juillet 2012 

« C'est très rare de découvrir des restes dans un tel état de conservation », observe Tony Chevalier, paléo-anthropologue à Tautavel, une heure après l'exhumation de cette mâchoire inférieure, comptant encore deux dents et des alvéoles témoignant de la dentition de l'individu.

Il s'agit d'ossements d'un adulte de 30 à 35 ans, mais il est encore impossible de déterminer son sexe. « La mandibule semble robuste donc on pourrait plutôt tendre vers un homme, mais il va falloir enlever les sédiments pour le déterminer », explique le scientifique à propos du vestige encore enveloppé de terre qui tient dans la paume d'une main.

Cette partie de mâchoire d'Homo erectus européen ou Homo heidelbergensis est la cinquième découverte sur le site. « C'est fabuleux de trouver une mandibule, parce qu'une mandibule, ça parle », s'est réjoui le scientifique.

Selon le Centre européen de recherches préhistoriques de Tautavel, l'étude de ces restes permet de mieux comprendre les variations au sein des populations.

Curieux, scientifiques, touristes ... le dégagement a attiré plus de 80 personnes à l'entrée de la grotte de La Caune de l'Arago, où les chercheurs extraient depuis 1964 des fossiles humains préhistoriques, dont le crâne du premier homme de Tautavel, découvert le 22 juillet 1971 par Henry de Lumley.

Ce nouveau vestige est répertorié Arago 131 car c'est le 131e reste humain extrait sur ce site. Il peut être daté de 450 000 ans, comme le crâne découvert en 1971, qui fut baptisé Arago XXI.

Les précédentes mandibules découvertes entre 1969 et 2008 ont appartenu à des hommes et des femmes, adolescents et adultes, dont une femme d'environ 45 ans, un âge avancé pour l'époque.

La richesse de Tautavel est liée en partie à des bouleversements géologiques. En se colmatant pour ne se rouvrir qu'entre 30 000 et 15 000 ans avant notre ère, la cavité a piégé les vestiges et la culture des hommes de - 700 000 à - 100 000 ans.  


Une vertèbre conforte l'existence de l’oiseau Gargantua

Article publié par INSU-CNRS, le 12/07/2012

 Jeudi, 12 juillet 2012

Des oiseaux géants cohabitaient-ils avec les dinosaures ? Telle est la question restée en suspens depuis la découverte en Provence, en 1995, d'un fragment de sacrum, puis d'un bassin et d'un fémur en 1998 dans le Languedoc. La découverte récente dans l'Hérault, dans le cadre du programme INTERREVIE de l'INSU du CNRS, d'une vertèbre cervicale lève donc le doute. Gargantuavis, proche de la taille d'une autruche, aurait bien existé il y a environ 70 millions d'années. C'est ce qu'indique l'étude publiée par deux chercheurs du Laboratoire de Géologie de l'ENS (ENS Paris/CNRS, Paris) et du Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (TPE)  (CNRS/Université Lyon 1/ENS de Lyon) dans la revue Geological Magazine.  

On a longtemps pensé que des oiseaux de très grande taille, incapables de voler, n’étaient apparus qu’après la disparition des dinosaures, à la fin du Crétacé. Les grands oiseaux terrestres auraient alors pu occuper des niches écologiques laissées vides. En 1995, un morceau de sacrum trouvé dans le Crétacé supérieur de Provence venait pourtant indiquer la présence d’un grand oiseau aux côtés des dinosaures. En 1998, un bassin et un fémur appartenant à un oiseau approchant la taille d’une autruche, provenant de couches du même âge en Languedoc, étaient décrits sous le nom de Gargantuavis philoinos. Depuis, en dépit de fouilles systématiques menées par plusieurs équipes sur divers sites paléontologiques de cette époque tant en Provence qu’en Languedoc, aucun nouveau reste de Gargantuavis n’avaient été trouvé. Des doutes avaient alors été émis quant à la véritable nature de cet animal, certains voulant y voir un ptérosaure (reptile volant) géant.


 

Site de Montplo-Nord, à Cruzy (Hérault), durant les fouilles d'avril 2011 pendant lesquelles la vertèbre de Gargantuavis philoinos  a été découverte.

© CNRS/ É. Buffetaut 

 

 

La vertèbre cervicale découverte récemment lors de fouilles menées à Cruzy (Hérault) dans le cadre d’un projet sur les oiseaux géants du programme INTERRVIE de l’INSU confirme l'existence passée de l'animal. Le fossile provient d’un gisement fossilifère du Crétacé supérieur, remontant à environ 70 millions d’années. Ce site est fouillé depuis plusieurs années en collaboration avec un groupe de chercheurs bénévoles locaux, l’Association Culturelle, Archéologique et Paléontologique de l’Ouest Biterrois. Il a livré des centaines de restes de vertébrés fossiles, notamment des dinosaures. La nouvelle vertèbre, aux dimensions compatibles avec celles des restes de Gargantuavis déjà connus, appartient indiscutablement à un grand oiseau, d’un type relativement évolué d’après la forme très caractéristique de ses articulations. Celles-ci en effet sont en forme de selle, la face articulaire antérieure étant concave transversalement et convexe de haut en bas, alors que la face postérieure est concave de haut en bas et convexe transversalement. Cela conduit à une articulation complexe typique du cou des oiseaux, bien différente des articulations plus simples visibles chez les dinosaures. Cette vertèbre indique un animal d’une taille comparable à celle d’un casoar d’Australie et de Nouvelle-Guinée, un des plus grands oiseaux actuels, pouvant atteindre 1,70 m de hauteur. Avec ce nouveau spécimen, l’appartenance de Gargantuavis aux oiseaux se trouve confirmée.

      

Vertèbre d'oiseau géant sous différents angles (a : dorsale, b : latérale, c : ventrale, d : postérieure, e : antérieure). Le trait noir correspond à 1 cm.

© Buffetaut et Angst 2012 

 

Sur l’île « ibéro-armoricaine » du Crétacé supérieur, qui englobait une grande partie de la péninsule ibérique et de la France, vivaient donc bien parmi les dinosaures des oiseaux de grande taille, dont pour l’instant on ne connaît pas d’équivalents à cette époque dans d’autres régions du monde. L’Europe était alors un archipel, ce qui peut expliquer que, dans un milieu insulaire, se soient développées des formes endémiques comme Gargantuavis.

En dépit de cette nouvelle découverte, beaucoup d’aspects de l’anatomie et de la paléobiologie de Gargantuavis demeurent obscurs, tels son régime alimentaire (le crâne demeure inconnu). Même si cet oiseau est apparemment rare dans les gisements fossilifères actuellement exploités, on peut espérer que la poursuite des fouilles apportera de nouvelles données à son sujet. D’ores et déjà, des ossements découverts très récemment dans le Crétacé supérieur du Var et encore en cours de dégagement paraissent appartenir à Gargantuavis.

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Source

« New evidence of a giant bird from the Late Cretaceous of France ». Buffetaut, E 1& Angst2, D. 2012.  Geological Magazine, doi:10.1017/S001675681200043X

1 Laboratoire de Géologie de l’École Normale Supérieure, Paris. 2. Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (TPE)


Le plus ancien ptérosaure édenté découvert en Espagne

Article publié par INSU-CNRS, le 04/07/2012

Mercredi, 4 Juillet 2012

Un reptile volant du Crétacé inférieur, particulier à plusieurs titres, provenant du site de Las Hoyas (Espagne) vient d’être identifié comme un nouveau genre et une nouvelle espèce de ptérosaure par une équipe internationale de chercheurs français de Rennes et de Lyon, espagnols de Madrid et brésilien de Rio de Janeiro. Ce spécimen, mis au jour dans les années 90 n’avait pas encore été reconnu. Il s’agit du plus ancien ptérosaure édenté connu au monde, cette particularité anatomique certainement liée au développement de nouvelles stratégies alimentaires. Une étude parue dans PLoS ONE

                         

 Le nouveau ptérosaure tapéjaridé Europejara du Crétacé inférieur d’Espagne : unique spécimen connu (fossile préservé sur plaque et contre-plaque) (A-B), anatomie du crâne (C-D), et reconstitution de la tête (dessins de Oscar Sanisidro) (E-F). Noter la crête mandibulaire bien développée, en forme de quille de bateau. 

 

Ce reptile volant provient du lagerstätte (gisement à préservation exceptionnelle) datant d’environ 125 millions d’années (Barrémien) de Las Hoyas près de Cuenca (Castille-La Manche), il appartient à un groupe d’étranges ptérosaures à crête qui était jusque-là inconnu en Europe : les tapejaridés. Les premiers restes de ptérosaures (quelques dents isolées) n’ont été mis en évidence que très récemment dans le gisement de Las Hoyas. Ce site, unique en Europe, est réputé pour les nombreux fossiles qu’il livre, incluant notamment des oiseaux énantiornithes tels que Iberomesornis et des dinosaures tels que Concavenator.

En 2008, l’observation minutieuse et l’analyse de plusieurs fossiles restés indéterminés et conservés dans les collections du Musée de Sciences de Castille-La Manche (MCCM) à Cuenca a conduit, de manière inattendue, à l’identification d’un crâne de ptérosaure. Du fait de sa préservation imparfaite (fossile incomplet et en plusieurs fragments) et de sa morphologie inhabituelle, la nature ptérosaurienne de ce spécimen mis au jour dans les années 90 ne fut pas reconnue avant une profonde révision du matériel. Un soigneux dégagement à l’acide a été entrepris, permettant d’étudier et de décrire en détail les particularités anatomiques de ce crâne. Il s’agit de l’un des rares crânes de ptérosaure relativement complets découverts dans le Crétacé européen.
 
Ce spécimen unique représente un nouveau genre et une nouvelle espèce de ptérosaure, Europejara olcadesorum. Il est principalement caractérisé par la présence sur sa mandibule d’une crête sagittale bien développée et légèrement recourbée vers l’arrière, rappelant vaguement la forme d’une quille de bateau. D’une longueur estimée entre 35 et 40 cm, le crâne d’Europejara présente un bec court et pointu, particularité propre aux tapejaridés. Ses mâchoires dépourvues de dent en font le plus ancien ptérosaure édenté connu au monde, repoussant de quelques millions d’années l’apparition de cette particularité anatomique certainement liée au développement de nouvelles stratégies alimentaires.

L’écosystème barrémien de Las Hoyas correspondait à une zone humide continentale et abritait une riche faune et flore. Sa structure présente de nombreux points communs avec un autre écosystème célèbre (Jehol Biota) sub-contemporain (Aptien, 125-112 Ma) décrit dans la province chinoise du Liaoning, et dans lequel les tapejaridés étaient également présents. D’après la morphologie du bec et des mâchoires, les tapejaridés sont le plus souvent considérés comme des formes probablement granivores/frugivores (au moins en partie). Si cela s’avère exact, un tel régime alimentaire pourrait avoir été en relation plus ou moins directe avec l'émergence et l'essor des plantes à fleurs se produisant à cette période. Des restes d'angiospermes ont d'ailleurs été récoltés dans le gisement de Las Hoyas ainsi que dans de nombreuses autres localités ibériques datées du Crétacé inférieur. Ainsi, ce groupe de ptérosaures se seraient spécialisé, tout comme certains insectes et oiseaux, dans l’exploitation des nouvelles niches écologiques découlant du développement des plantes à fleurs. Cependant, seuls des fossiles complets de tapejaridés avec le contenu stomacal préservé pourront venir confirmer cette hypothèse.

Cette découverte est enfin importante d’un point de vue paléobiogéographique. En effet, les tapejaridés n’étaient connus que dans le Crétacé inférieur (Aptien-Albien 125-99,5 Ma) de Chine et du Brésil, et de manière plus incertaine dans la base du Crétacé supérieur (Cénomanien 99,5-93,5 Ma) du Maroc. Leur découverte en Europe plaide en faveur d’une origine eurasiatique du groupe, et confirme les étroites relations fauniques existant à cette époque entre l’Europe et l’Est de l’Asie.

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Source

Vullo R, Marugán-Lobón J, Kellner AWA, Buscalioni AD, Gomez B, de la Fuente M, Moratalla JJ. “A New Crested Pterosaur from the Early Cretaceous of Spain : The First European Tapejarid (Pterodactyloidea : Azhdarchoidea)”. PLoS ONE. http://dx.plos.org/10.1371/journal.pone.0038900


Un vieux cousin de nos cœlacanthes était-il un super prédateur ?

Article publié par Futura-Sciences, le 06/05/2012

Par Quentin Mauguit, Futura-Sciences

Une nouvelle espèce de cœlacanthe, découverte au Canada, chamboule notre vision de ce paisible poisson. À l’inverse de toutes celles connues à ce jour, Rebellatrix divaricerca possède une nageoire caudale fourchue et rigide, comme tout bon nageur. Cet animal devait donc être un prédateur, peut-être à l’image des barracudas.

Par leur ancienneté, les cœlacanthes héritent en général du sobriquet de fossile vivant, qui agace les paléontologistes et les biologistes. Ces vertébrés Sarcoptérigiens, c’est-à-dire pourvus de nageoires charnues et musculeuses, seraient en effet apparus durant le Dévonien (il y a environ 359 à 416 millions d’années). Longtemps connus par leurs seuls fossiles, ils étaient considérés comme ayant disparu en même temps que les dinosaures, vers la fin du Crétacé (65,5 millions d’années)... jusqu'à la découverte de spécimens bien vivants, au large de l’Afrique du Sud en 1938.

Les cœlacanthes connus à ce jour, éteints ou vivants, ont tous une nageoire caudale composées de 3 lobes, propres à des vertébrés aquatiques se déplaçant lentement. La découverte d’un fossile présentant une queue fourchue et rigide a donc surpris tout le monde, notamment car cette morphologie s’observe chez des poissons pouvant nager rapidement.

Cette nouvelle espèce, nommée Rebellatrix divaricerca, a été trouvée sur les pentes rocheuses du Wapiti Lake Provincial Park en Colombie britannique (Canada) par des membres du Peace Region Palaeontology Research Centre (PRPRC). Le fossile vieux de 240 millions d’années, et long de 90 cm, a été décrit dans les pages du Journal of Vertebrate Paleontology (JVP) par deux chercheurs de l’université d’Albertas, Andrew Wendruff et Mark Wilson.

Empreinte fossile de la nageoire caudale du cœlacanthe Rebellatrix divaricerca. Cet appendice rigide (grâce à la fusion de plusieurs os) et symétrique prouve que ce Sarcoptérygien devait avoir un vie aquatique active. © Andrew Wendruff et Mark Wilson. 

 

Un cœlacanthe rebelle et… prédateur

Les caractéristiques de la nageoire caudale du Rebellatrix s’observent actuellement chez des poissons tels que le thon, le barracuda ou les requins. Ce cœlacanthe devait être capable d’accélérer rapidement et de nager à de grandes vitesses. Il est donc probable qu’il se nourrissait en chassant d’autres animaux aquatiques. Mais comment expliquer cette morphologie si particulière chez ce membre du groupe des Actinistiens, d’autant plus que la forme du corps des cœlacanthes connus jusqu'à présent n’a quasiment pas changé depuis des millions d’années ?

Deux hypothèses sont avancées par Andrew Wendruff. Le groupe des cœlacanthes pourrait avoir abrité davantage de formes morphologiques que ce l'on pensait, ce qui signifie que de nombreuses espèces n’ont pas encore été découvertes. Il est également possible que Rebellatrix divaricerca ait profité de l’extinction de masse du Permien, survenue il y a 251 millions d’années, pour s’accaparer une niche écologique laissée vacante par la disparition d’un prédateur.

Face à l’ensemble des caractères uniques propres à Rebellatrix divaricerca, une nouvelle famille, les Rebellatricidés, a dû être créée au sein de l’ordre des Cœlacanthiformes pour placer cette espèce dans la classification du vivant. Parions que ce groupe emblématique mais largement méconnu nous réserve encore bien des surprises...

 

NDLR de l’APVSM : voir également  « Un Cœlacanthe géant dans le Callovien supérieur des Vaches Noires de Villers-sur-Mer » par Élisabeth & Gérard Pennetier, L’Écho des Falaises (1999), 3 : 33-34.  


Plusieurs espèces de dinosaures déjà sur le déclin au moment de leur extinction

Article publié par AFP/Actu-Orange, le 01/05/2012

Photo :  © Patrick Kovarik, AFP -  Des squelettes de dinosaures Albertosaurus exposés au Museum national d'Histoire naturelle de Paris, en avril 2010. 

Astéroïdes ou éruptions volcaniques ? Une nouvelle étude mise en ligne mardi dans   Nature Communications suggère que l'extinction des dinosaures à la fin du Crétacé, il y a 65 millions d'années, pourrait être un phénomène plus complexe que la conséquence brutale d'un cataclysme naturel.

« Des éruptions volcaniques soudaines ou un impact d'astéroïde ont-ils terrassé les dinosaures en pleine apogée ? Nous avons découvert que c'est probablement beaucoup plus complexe que cela et qu'il ne s'agit peut-être pas de la catastrophe soudaine qui est souvent dépeinte », a déclaré Steve Brusatte (Musée américain d'histoire naturelle), un des auteurs de l'étude.

Selon cette étude, la première à étudier l'extinction des dinosaures en comparant les squelettes de différentes espèces, les grands dinosaures herbivores étaient déjà sur le déclin au cours des 12 derniers millions d'années du Crétacé, mais pas les dinosaures carnivores, ni les herbivores de taille moyenne.

« Les gens considèrent souvent les dinosaures comme une espèce monolithique », a expliqué Richard Butler (Université Ludwig Maximilian de Munich), un autre chercheur de l'équipe. « Mais les dinosaures étaient très divers. Il y avait des centaines d'espèces vivant à la fin du Crétacé, qui différaient énormément par la taille, la forme ou le régime alimentaire », a-t-il dit.

Les chercheurs ont montré que les Hadrosaures et les Cératopsidés, deux familles de dinosaures de grande taille, herbivores, ont peut-être connu un déclin de la biodiversité dans les 12 millions d'années avant l'extinction massive du Crétacé-Tertiaire ou extinction « K-T ».

Pendant ces 12 millions d'années, ces herbivores « sont devenus plus semblables les uns aux autres », a expliqué à l'AFP Steve Brusatte. « Généralement de tels changements dans l'anatomie signifient qu'un groupe est en difficulté », a-t-il poursuivi.

En revanche, les petits herbivores (Ankylosaures et Pachycéphalosaures), les dinosaures carnivores (Tyrannosaures et Coelurosaures), et les herbivores aux dents spatulées, sans capacités de mastication (Sauropodes) sont demeurés relativement stables, ou ont même augmenté légèrement dans la biodiversité.

Les chercheurs ont par ailleurs trouvé des disparités géographiques compliquant encore les choses : en déclin en Amérique du Nord, les Hadrosaures semblent avoir été en augmentation en Asie à la fin du Crétacé.

Ces résultats « permettent de brosser un tableau plus nuancé des 12 derniers millions d'années de l'histoire des dinosaures », a déclaré Steve Brusatte.

« Contrairement à ce que l'on croit souvent, le Crétacé supérieur n'était pas un +monde perdu+, statique, auquel un impact d'astéroïde a mis fin violemment », a-t-il estimé.

« Certains dinosaures connaissaient déjà des changements dramatiques à ce moment-là, et les grands herbivores semblent avoir été engagés dans un déclin à long terme, du moins en Amérique du Nord », a-t-il ajouté.  


Leedsichthys en Normandie

Article publié par Ouest France, le 18/04/2012

 

NDLR de l'APVSM :  Voir également L'Écho des Falaises, n° 12 (2008), « Leedsichthys des Vaches Noires... au peigne fin (Normandie, France) » par Jeff Liston, pp.41-49.

 


A new hominin foot from Ethiopia shows multiple Pliocene bipedal adaptations

Article publié par Nature, le 28/03/2012

 

 

 

The pre-human fossil's fourth toe (pictured) is elongated like a monkey's.

© National Geographic Daily News & Yohannes Haile-Selassie, Cleveland Museum of Natural History

 

  A new hominin foot from Ethiopia shows multiple Pliocene bipedal adaptations 

 

Yohannes Haile-Selassie, Beverly Z. Saylor, Alan Deino, Noami E. Levin, Mulugeta Alene & Bruce M. Latimer.

 Nature. 483, 565–569 (29 March 20483        Nature 483, 565–569 (29 March 2012) 

Abstract

 A newly discovered partial hominin foot skeleton from eastern Africa indicates the presence of more than one hominin locomotor adaptation at the beginning of the Late Pliocene epoch. Here we show that new pedal elements, dated to about 3.4 million years ago, belong to a species that does not match the contemporaneous Australopithecus afarensis in its morphology and inferred locomotor adaptations, but instead are more similar to the earlier Ardipithecus ramidus in possessing an opposable great toe. This not only indicates the presence of more than one hominin species at the beginning of the Late Pliocene of eastern Africa, but also indicates the persistence of a species with Ar. ramidus-like locomotor adaptation into the Late Pliocene

 

Figure 1: Location map of the Burtele (BRT) vertebrate localities (BRT-VP-1 and BRT-VP-2) in the Woranso-Mille study area

  The path of the measured section through the sandstone ridges and the location of the mesa section with the dated Burtele tuff are shown. The measured basalt section is off the map. The study area is located about 30 miles north of Hadar and Gona

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Figure 2 : Pedal elements of BRT-VP-2/73.

a, Dorsal view of all elements of the specimen. b, Dorsal, plantar, lateral, medial, distal and proximal views of the first metatarsal. c, Dorsal, lateral, medial, proximal and distal views of the second metatarsal. d, Dorsal, lateral, plantar, distal and proximal views of the hallucal proximal phalanx. e, Lateral views of the second and fourth proximal phalanges, and the second intermediate phalanx. f, Dorsal, plantar and lateral views of the fourth metatarsal. All views are from left to right. 

 

 Figure 5 : Stratigraphic section at the BRT localities and placement of the BRT-VP-2/73 partial foot skeleton.

  

Nota APVSM :

 Rendez-vous sur   http://youtu.be/mZ6v5ilOqec   voir une video intitulée One foot in the past, réalisée par la revue Nature  ce 29 mars 2012

  

 

  

 

 


Des traces de pas fossilisées

Article publié par Muséum national d'Histoire naturelle, le 08/11/2011

Des traces de pas fossilisées découvertes en Turquie
éclairent sur l’évolution des reptiles avant les dinosaures

Une équipe de paléontologues français et de géologues turques ont mis au jour, pour la première fois en Turquie, des traces de pas fossiles. Ces empreintes datées de 280 millions d’années appartiennent à un petit reptile qui éclaire d’un jour nouveau la fantastique évolution du groupe bien avant les dinosaures.
Cette étude à laquelle ont participé notamment les chercheurs français Jean-Sébastien Steyer, Ronan Allain et Sevket Sen du Centre de recherche sur la paléobiodiversité et les paléoenvironnements (UMR 7207 Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS/UPMC) vient de paraître dans Les Comptes-Rendus de l'Académie des Sciences

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Pour la suite veuillez cliquer sur le lien ci-dessous :

Document au format PDF concernant un communiqué de presse du Muséum national d'Histoire naturelle


Un berceau de la vie primitive sur Terre ?

Article publié par CNRS-Insu, le 18/10/2011

Un berceau possible de la vie sur Terre vient d'être identifié par une équipe internationale menée par des chercheurs du Laboratoire de géologie de Lyon : Terre, planètes et environnement (CNRS/Université Claude Bernard Lyon 1/ENS de Lyon). Il s'agit des volcans de boue d'Isua, au sud-ouest du Groenland. Ces volcans ont libéré, il y a presque quatre milliards d'années, des éléments chimiques indispensables à la formation des premières biomolécules, dans des conditions propices à la vie. C'est la première fois qu'un tel environnement, réunissant tous les éléments nécessaires pour l'éclosion de la vie, est identifié par des scientifiques dans des terrains vieux de 3,8 milliards d'années. Ces travaux sont publiés cette semaine dans les  PNAS 

La serpentinite est une roche vert sombre utilisée en décoration et joaillerie. Dans la nature, elle se forme lorsque de l'eau de mer s'infiltre dans le manteau supérieur, à des profondeurs pouvant aller jusqu'à 200 km dans les zones de subduction. D'après les scientifiques, cette roche, située en particulier dans les parois des sources hydrothermales, pourrait jouer un rôle majeur dans l'apparition des premières biomolécules.

Il a été souvent présumé que la vie s'est développée à proximité de sources hydrothermales connues sous le nom de fumeurs noirs (1), comme il en existe au fond de l'océan le long des rides médio-océaniques. La richesse de ces « geysers » sous-marins en hydrogène, méthane et ammoniac semblait favorable à l'émergence de la vie primitive. Malheureusement, ces fumeurs noirs sont très acides, ce qui ne permet pas de stabiliser les acides aminés, et donc de former des molécules organiques.

L'équipe de scientifiques qui publie cet article s'est intéressée aux serpentinites d'Isua, au sud-ouest du Groenland, qui datent du début de l'Archéen (2). Agées de 3,8 milliards d'années, les roches d'Isua figurent parmi les plus anciennes du monde. S'appuyant sur les isotopes du zinc comme indicateur du caractère basique ou acide d'un milieu, les chercheurs ont mis en évidence le caractère basique des eaux thermales qui ont baigné les serpentinites d'Isua, révélant ainsi que ces roches constituaient un environnement favorable à la stabilisation des acides aminés.

Les chercheurs ont également comparé ces serpentinites à des équivalents récents provenant de la dorsale de l'océan Arctique, des Alpes et du Mexique : les roches d'Isua présentent un appauvrissement exceptionnel en isotopes lourds du zinc par rapport à ces dernières. En revanche, leur zinc est isotopiquement semblable à celui des volcans de boue de la fosse des Mariannes. Il y a près de 4 milliards d'années, alors que les continents n'occupaient qu'une très petite partie de la surface du globe, la croûte océanique d'Isua devait être traversée par des fluides hydrothermaux basiques, riches en carbonates et à des températures de 100 à 300°C. Un autre élément indispensable à la vie, le phosphore, est abondant dans les milieux où se produit la serpentinisation (3). Or, ce processus est à l'origine des volcans de boue. Ainsi, toutes les conditions nécessaires étaient réunies à Isua pour que des molécules organiques puissent non seulement se former mais aussi être stables. Les volcans de boue d'Isua constituent donc un environnement particulièrement propice à l'émergence de la vie primitive terrestre.

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Note(s) :

  1. Les fumeurs noirs sont localisés sur les dorsales océaniques. L'aspect noir de ces eaux provient de la couleur noire des sels de fer et de manganèse qu'elles contiennent.
  2. La période archéenne se situe entre -4 et -2,5 milliards d'années.
  3. Processus d'hydratation qui permet la formation de serpentinite.

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Source(s) :

Early Archean serpentine mud volcanoes at Isua, Greenland, as a niche for early life. Marie-Laure Pons, Ghylaine Quitté, Toshiyuki Fujii, Minik T. Rosing, Bruno Reynard, Frederic Moynier, Chantal Douchet and Francis Albarède. PNAS. En ligne la semaine du 17 octobre 2011. [Cliquer ici

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Photo : DR - Roches rouilles


Le souffle des volcans aurait permis d'oxygéner l'atmosphère primitive

Article publié par AFP/Actu-Orange, le 13/10/2011

L'oxygénation de l'atmosphère primitive de la Terre, voici 2,5 milliards d'années, serait d'abord liée au souffle des volcans, plutôt qu'au développement de cyanobactéries productrices d'oxygène, selon une étude publiée jeudi dans la revue scientifique Nature.

Contrairement aux hypothèses actuelles, le développement des cyanobactéries ne serait pas le facteur premier, selon Fabrice Gaillard et ses collègues de l'Institut des sciences de la Terre d'Orléans et de l'ISTerre de Grenoble (Insu/CNRS). « La géologie prime sur la biologie », résume M. Gaillard.

De sa naissance voici 4,5 milliards d'années jusqu'au début de la « grande oxydation », il y a 2,5 milliards d'années, la Terre a eu une atmosphère sans oxygène, composée essentiellement de gaz carbonique et de méthane.

Voici 2,7 milliards d'années, elle a connu un bouleversement, avec l'émergence de grands continents et l'apparition de volcans aériens. Au lieu de cracher leur fumée dans l'eau de mer, ils ont commencé à émettre dans l'atmosphère des gaz riches en soufre, sous une forme oxydée (SO2).

La composition des gaz volcaniques a changé, car la pression à laquelle ils étaient libérés dans l'atmosphère était plus faible que lorsqu'ils étaient émis dans les océans. Un nouveau cycle biochimique du soufre s'est alors mis en place, déclenchant le processus d'oxygénation de l'atmosphère.

L'oxyde de soufre volcanique (SO2) injecté dans l'atmosphère a entraîné la production d'ions sulfate solubles dans l'eau de mer. Les processus chimiques alors enclenchés dans les fonds marins ont rendu possible la libération dans l'atmosphère de l'oxygène émis par les cyanobactéries.

Ces cyanobactéries avaient commencé à produire de l'oxygène par photosynthèse bien avant la Grande oxydation. Mais cet oxygène était alors consommé par la matière organique et le fer ferreux dissous dans les océans. En piégeant ce fer ferreux au fond des océans, le soufre issu du souffle des volcans a libéré l'oxygène.

Un tel scénario géologique d'oxygénation de l'atmosphère, initié par « un changement de la pression de dégazage des volcans », peut « s'appliquer à d'autres planètes », souligne M. Gaillard.

Il rappelle l'absence totale d'oxygène dans l'atmosphère de Vénus où la pression atmosphérique est très forte, alors qu'il y a des traces d'oxygène dans l'atmosphère ténue de Mars.

« Si on a raison dans notre article, on a potentiellement une explication » de l'oxygénation ou non de l'atmosphère de ces planètes « simplement en considérant la pression à laquelle les gaz volcaniques sont relâchés », conclut le chercheur.

L'atmosphère terrestre contient maintenant 21 pourcent d'oxygène. Lorsqu'il est apparu lors de la Grande oxydation, sa concentration était mille fois plus faible.

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Photo :  © Pablo Cozzaglio, AFP -  Éruption du volcan Tungurahua en Équateur le 4 décembre 2010. 


Le crâne d'un grand singe vieux de 20 millions d'années découvert en Ouganda

Article publié par AFP/Actu.Orange-Sciences, le 19/09/2011

Le crâne fossilisé d’un Ugandapithecus major, un « grand singe » vieux d'environ 20 millions d'années, a été mis au jour pour la première fois sur les pentes d'un volcan en Ouganda et présenté lundi à Paris par ses découvreurs français 

Des fragments de ce singe arboricole qui vivait sur les flancs du volcan Napak (nord-est de l'Ouganda) avaient déjà été retrouvés par l'équipe qui travaille dans cette région depuis 25 ans, mais jamais un crâne quasi complet et aussi bien conservé n'avait jusqu'à présent été identifié.

« On sait qu'il s'agit d'un jeune adulte, car ses canines sont déjà fortes mais ses molaires ne sont pas encore usées », précise Brigitte Senut, paléontologue au Muséum national d'Histoire naturelle de Paris (MNHN), où elle dévoilait à la presse la trouvaille effectuée le 18 juillet dernier avec des collègues ougandais.

L’Ugandapithecus était un « grand singe » mais de petite taille, à peu près celle d'un gibbon. Au moment où il a été fossilisé par la lave crachée par le Napak, le volcan était vraisemblablement situé dans un environnement tropical humide et fortement boisé, comme l'attestent les nombreux fossiles de plantes et d'animaux (oiseaux, crocodiles, écureuils volants, cochons et très nombreux escargots) trouvés à proximité, explique Mme Senut, qui espère pouvoir trouver son squelette lors d'une prochaine campagne de fouilles.

L'Ugandapithecys vivait « bien avant la bifurcation entre les grands singes actuels et les êtres humains » et ce fossile ne devrait donc pas révolutionner les connaissances sur l'émergence de l'être humain, relève son co-découvreur Martin Pickford, paléontologue au Collège de France.

En revanche, l'étude de ce crâne sera riche d'enseignements sur l'évolution des espèces durant la période qui a précédé cette bifurcation et sur la manière dont un certain nombre de caractéristiques se sont ou non transmises par la suite à d'autres espèces de singes : taille du cerveau, forme des orbites et de la cavité nasale ou encore spécificités de son alimentation...

Déjà, les chercheurs ont pu constater que le crâne présentait des creux caractéristiques que l'on retrouve chez les orangs-outangs modernes et d'autres grands singes eurasiatiques mais pas chez les chimpanzés ou les gorilles.

« Mieux connaître le vivier qui précède l'histoire de notre famille, c'est particulièrement précieux », a insisté Yves Coppens, l'un des découvreurs de l'australopithèque Lucy, venu au Muséum pour assister à cette présentation.

 

Photo : © Jacques Demarthon/AFP - Le crâne fossilisé d'un singe retrouvé sur un volcan en Ouganda le 18 juillet 2011. 

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APVSM : En savoir plus ? Cliquer ici  et  ici.   


Le front d'un homme de 170.000 ans découvert dans la grotte du Lazaret

Article publié par AFP/Actu.Orange, le 17/08/2011

L'os frontal d'un jeune homme de 170.000 ans est en train de sortir tout doucement de terre dans la grotte maritime du Lazaret à Nice, une découverte préhistorique majeure sur ce site fouillé patiemment depuis 50 ans, ont estimé mercredi des scientifiques de renom. 

Ce chasseur nomade de la Côte d'Azur « avait moins de 25 ans au moment de sa mort, car les sutures dentelées de l'os frontal ne sont pas encore soudées », analyse déjà la paléontologue Marie-Antoinette de Lumley.

Il s'agit de l'un des tout derniers Homo erectus, qui pourrait révéler des indications importantes pour comprendre l'évolution progressive vers son successeur, l'homme de Neandertal.

« Avec ce front, assez bas et assez plat, vous voyez le sommet du visage », s'émerveille la paléontologue, en soulignant  « la rareté » de la découverte mise au jour samedi par des étudiants participant aux fouilles estivales.

Aucun squelette complet n'existe de l'Homo erectus, car les sépultures n'étaient pas encore d'actualité.

Pour l'instant l'os frontal est encore accroché à l'envers sur le sol de la grotte. La précieuse découverte doit sécher quelques jours avant d'être délicatement dégagée pour voir sa face avant.

« Nous dégageons actuellement un sol extraordinaire », précise Henry de Lumley, éminent préhistorien qui dirige les fouilles depuis leur commencement, le 1erseptembre 1961. En cinquante ans, 2,40 m de terre ont été patiemment grattés et tamisés, quelque 40.000 découvertes ont été étiquetées et analysées scientifiquement sur place.

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Photo : © Sébastien Nogier/AFP - La paléontologue Marie-Antoinette de Lumley et son époux Henry, le 1eraoût 2011 dans la grotte maritime du Lazaret à Nice. 


L'Archæopteryx n'était pas l'ancêtre des oiseaux, mais un dinosaure à plumes

Article publié par AFP/Actu.Orange, le 27/07/2011

Le célèbre Archæopteryx a été considéré à tort durant 150 ans comme l'ancêtre de tous les oiseaux. Mais il n'était en réalité qu'un simple dinosaure aux allures de volatile, si l'on en croit un de ses cousins chinois de la taille d'un poulet découvert récemment.

Depuis la découverte du premier spécimen d'Archæopteryx en Bavière en 1861, la plupart des spécialistes de l'évolution considéraient ce dinosaure à plumes comme la forme d'oiseau la plus basique et ancienne. Et dans « l'arbre phylogénétique » retraçant la parenté des espèces, ils l'avaient donc logiquement placé à la base de la branche des « Aviales » qui aboutit à nos oiseaux modernes.

Au fil du temps, certains chercheurs avaient certes nourri des doutes lorsque des caractéristiques considérées comme typiques des attributs « aviaires » de l'Archæopteryx (plumes, bréchet, mains à trois doigts, etc.) avaient été trouvées chez d'autres dinosaures, bien terrestres ceux-là.

Mais faute de preuves formelles, le grand-père continuait imperturbablement de régner sur sa parentèle aviaire.

C’est alors que le Pr Xing Xu, spécialiste renommé en paléontologie de l'Académie des Sciences chinoise, se penche sur un banal fossile de dinosaure à plumes d'à peine 800 grammes découvert dans la province de Liaoning. Une nouvelle espèce baptisée Xiaotingia zhengi, très proche de l'Archæopteryx mais dont la morphologie le rattache indubitablement à une branche parallèle des « Aviales », les « Déinonychosaures », expliquent les scientifiques chinois dans une étude publiée mercredi par la revue Nature.

Et lorsque le Pr Xu et son équipe ont entré les caractéristiques du Xiaotingia dans le modèle informatique permettant de construire l'arbre phylogénétique, l'Archæopteryx est tombé de sa branche, pour se retrouver à la naissance de la branche voisine des « Déinonychosaures » !

Juste un petit dinosaure à plumes.

« En d'autres termes, Archæopteryx avait cessé d'être un oiseau », résume le biologiste américain Lawrence Witmer dans un commentaire séparé.

« Surpris par ce résultat, les auteurs ont recommencé leur analyse avec les mêmes paramètres, cette fois en omettant Xiaotingia. Et Archæopteryx était rétabli sur la branche des Aviales, à la base de tous les oiseaux », explique-t-il.

Même si le Pr Xu reste prudent et souligne qu'on ne dispose encore à l'heure actuelle que de peu de données pour soutenir sa nouvelle « hypothèse phylogénétique », ce résultat ne fait finalement que confirmer un faisceau de présomptions tissé ces dernières années au fil des découvertes de fossiles.

« Il est peut-être temps d'accepter l'idée que l'Archæopteryx était juste un petit dinosaure carnivore à plumes comme les autres, qui se baladait au Jurassique », voici 145 à 200 millions d'années, estime Lawrence Witmer.

Le premier spécimen d'Archæopteryx avait été découvert moins de deux ans après la publication fracassante par Darwin de son « Origine des espèces ».

Avec son mélange de caractéristiques reptiliennes et aviaires, ce dinosaure tombait à point nommé pour illustrer l'évolution des espèces et a pu influencer la façon dont les chercheurs ont travaillé par la suite, note le biologiste.

« Des centaines de publications (dont plusieurs des miennes) s'appuient sur l'Archæopteryx pour formuler et évaluer des hypothèses sur les oiseaux », reconnaît M. Witmer.

Où se cacherait alors l'ancêtre commun des oiseaux ?

D'après l'analyse du Pr Xu, il faudrait chercher du côté de l'Epidexipteryx, de Jeholornis et de Sapeornis.

Des espèces découvertes seulement très récemment et qui constituent donc un « nouveau territoire, même pour des spécialistes », indique Lawrence Witmer.

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Photo : © Xing Xu et al./Nature-AFP - Photo diffusée le 27 juillet 2011 par le magazine Nature d'un cliché de fossile de Xiaotingia zhengi découvert en Chine, avec cette légende : The discovery of Xiaotingia zhengi has knocked Archæopteryx off its perch as the first bird


Les mystères et la magie du monde perdu des dinosaures exposés à Los Angeles

Article publié par AFP/Actu-Orange, le 08/07/2011

Les dinosaures, très populaires auprès du grand public, restent pourtant des animaux mal connus des scientifiques, et les mystères entourant leur règne sur Terre sont au centre de la nouvelle galerie que leur dédie le Muséum d'histoire naturelle de Los Angeles. 

L'institution californienne ouvrira au grand public les 1 300 mètres carrés de sa nouvelle « Galerie des Dinosaures » le 16 juillet, étape importante dans la restauration et la refondation du Muséum, qui fêtera son centenaire en 2013.

Quelque 300 fossiles et 20 squelettes - monumentaux pour la plupart - sont présentés au visiteur, au long d'un parcours original construit autour des grandes questions que se posent les scientifiques sur les dinosaures : que mangeaient-ils, comment se reproduisaient-ils, comment ont-il disparu, etc.

« Nous avons mis l'accent sur “Que savons-nous? ” et “ Comment le savons-nous ?” », explique à l'AFP Luis Chiappe, conservateur en chef de la galerie et directeur de l'Institut des Dinosaures du Muséum.

Les fossiles et spécimens présentés font office « d'indices permettant au visiteur ou au chercheur de répondre à ces questions », dit-il.

Parfois les réponses sont  très claires, parfois non. « C'est ainsi, c'est la nature même de la science », ajoute-t-il. « On connaît beaucoup de choses sur les dinosaures, mais nous en ignorons tout autant. »

« Il faut sensibiliser les gens à cela, car quand on allume la télévision et qu'on regarde certains documentaires sur les dinosaures, ils laissent penser que l'on sait tout, et ce n'est pas le cas. Il nous reste beaucoup de choses à découvrir », assure-t-il.

La galerie compte plusieurs spécimens exceptionnels, parmi lesquels un groupe de trois Tyrannosaurus rex -- l'un des dinosaures les plus redoutables, popularisé par Jurassic Park de Steven Spielberg -- à trois âges différents.

Le plus jeune spécimen connu au monde, âgé de deux ans -- essentiellement une reconstitution, car on n'a retrouvé qu'une partie de son crâne -- côtoie un T. rex de 13 ans, ainsi que le célèbre « Thomas », l'un des squelettes de T. rex les plus complets au monde, mis au jour dans le Montana (nord-ouest) par l'Institut des Dinosaures du Muséum, entre 2003 et 2005.

« Nous vivons une époque incroyablement dynamique pour l'étude des dinosaures », affirme M. Chiappe. « Non seulement nous trouvons des spécimens spectaculaires dans beaucoup d'endroits -- essentiellement en Chine, ces dix dernières années --, mais nous profitons aussi des nouvelles technologies qui nous permettent d'en apprendre beaucoup plus sur les dinosaures. »

Sont également exposés des très beaux squelettes de Tricératops, de Stégosaure et de Carnotaure -- un redoutable carnivore qui n'a été trouvé qu'en Argentine -- ainsi qu'une série d'animaux marins qui hantaient les océans recouvrant la Californie il y a des millions d'années, comme le Morenosaure.

A côté des géants, la galerie fait aussi une place aux petits dinosaures, tel le Fruitadens haagarorum, une sorte de mini T. rex omnivore et beaucoup plus placide, à peine plus gros qu'un chat. Trouvés dans le Colorado au début des années 1970, les spécimens du Muséum de Los Angeles sont les seuls connus.

Mais comment expliquer la fascination inépuisable de l'homme pour les dinosaures? « Leur taille, leur aspect étrange, le fait qu'ils vivaient au même endroit que nous il y a des millions d'années », avance M. Chiappe. Mais aussi « le fait que ce ne sont pas des animaux créés par notre imagination. Ils sont bien réels, même si leur apparence les rend presque magiques ».

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Photo :  © Robyn Beck, AFP - Luis Chiappe, conservateur en chef de la galerie et directeur de l'Institut des Dinosaures du Muséum, lors d'une visite pour la presse, le 7 juillet 2011 au Muséum d'histoire naturelle de Los Angeles. 


Monsieur australopithèque était casanier, Madame voyageait plus volontiers

Article publié par AFP & Actu-Orange, le 01/06/2011

PARIS — Comme chez les chimpanzés ou de nombreuses sociétés humaines modernes, la femelle australopithèque avait tendance à quitter sa famille de naissance pour se joindre à un autre groupe alors que le mâle restait un indécrottable casanier, suggère une étude publiée mercredi.

Hormis quelques fossiles et de rares outils de pierre très rudimentaires, il ne subsiste que très peu de traces des australopithèques, lointains cousins des humains modernes qui vivaient voici 2,4 à 1,7 millions d'années, ce qui rend d'autant plus difficile toute théorie sur leur mode de vie.

Alors comment l'équipe internationale emmenée par Sandi Copeland, du département d'évolution humaine de l'Institut Max Planck (Allemagne), a-t-elle pu arriver à cette hypothèse audacieuse publiée dans la revue britannique Nature ?

C'est qu'entre autres vestiges, les deux espèces d'hominidés bipèdes (Australopithecus africanus et Paranthropus robustus) qui ont vécu dans des cavernes de l'actuel Transvaal, en Afrique du Sud, ont laissé derrière eux des dents.

Or grâce au laser et à la spectrométrie de masse, l'analyse des dents d'un mammifère permet désormais avec précision de dire si un individu a grandi à l'endroit où il a vécu et où il est mort.

Chaque type de sol peut en effet être caractérisé par des variations dans les formes atomiques d'un métal rare, le strontium (strontium 87 et strontium 86). Ce cocktail particulier d'isotopes de strontium se reflète dans la nourriture absorbée par les mammifères, qui se retrouve à son tour dans les traces de strontium contenues dans l'émail des dents.

Et comme le strontium se fixe dans l'émail avant l'âge adulte, sans être ensuite modifié par des processus biologiques, il constitue un indicateur précieux pour suivre la piste des australopithèques sud-africains.

Après avoir analysé 19 dents de ces hominidés, l'équipe de Sandi Copeland en conclut que les individus les plus grands, et donc probablement les mâles, s'étaient nourris essentiellement près des cavernes où ils vivaient. A l'inverse, les plus petits, vraisemblablement des femelles, s'étaient nourris hors de cette zone géologique avant l'âge de huit ans.

L'étude suggère que les mâles australopithèques auraient donc eu un comportement sédentaire, restant au sein de leur groupe natal (« philopatrie ») dans une zone géologique de seulement 30 km2.

Les femelles quant à elles seraient venues de zones plus éloignées, et donc d'autres groupes familiaux, pour se joindre à la famille des mâles lorsqu'elles auraient atteint l'âge de se reproduire (« exogamie »).

Une différence de comportements entre les sexes qui se retrouve chez les chimpanzés, les bonobos et dans de nombreuses sociétés humaines, relèvent les auteurs de l'étude.

Mais les ressemblances s'arrêtent probablement là, estiment-ils. L'australopithèque mâle ne possédait pas des canines beaucoup plus développées que les femelles, signe que la compétition entre les mâles du groupe était sans doute bien moins forte que chez les chimpanzés ou les gorilles.

En fait, « il est peu probable qu'il existe encore à l'heure actuelle une structure sociale analogue à celle de ces australopithèques », dont l'anatomie et l'écologie étaient très différentes de ceux des primates modernes, souligne l'étude.

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Article : Jean-Louis Santini (AFP) – Photo : © AFP/Getty Images/archives/Archives, Dave Einsel - Sculpture représentant un australopithèque. 


Survivance durable pour le prédateur des mers du Cambrien

Article publié par Sciences & Avenir, le 27/05/2011

Les anomalocaridides, considérés comme les « géants » des mers du Cambrien, ont survécu pendant 30 millions d'années de plus qu'estimé jusqu'ici. 

Des géants pas si grands

En ces temps-là, il y a  environ 540 à 500 millions d'années, les géants n’étaient pas bien effrayants.  Les anomalocaridides (leur nom signifie « étrange crevette »), considérés comme les plus grands animaux de la période cambrienne - connue pour son explosion de biodiversité qui a vu l'apparition soudaine de tous les principaux groupes d'animaux actuels - mesuraient une soixantaine de centimètres, au plus.

On les croyait disparus à la fin du Cambrien, mais dans la revue Nature, une équipe internationale relate la découverte d’un fossile d’anomalocaridide géant : il mesure plus d’un mètre. Outre sa taille remarquable, c’est surtout sa datation qui a interpellé les paléontologues. Il n’a pas vécu durant le Cambrien mais à l’Ordovicien, soit des millions d’années plus tard. Pas loin de trente millions d’années pour être plus précis.

Des fossiles exceptionnellement bien conservés

Cela prouve que ce groupe a survécu et prospéré bien plus longtemps que prévu. Les chercheurs ont également pu observer sur le fossile une série de lames, ressemblant à des filaments, sur chaque segment du dos de l'animal. Ils estiment que ce sont sans doute des branchies. L’observation de ces structures n’est pas aisée compte tenu du fait que les tissus mous se conservent bien moins que les os. Pourtant, les fossiles du Maroc - il y en a des milliers d’autres datant du début de l’Ordovicien il y a 488 à 472 millions d'années - comprennent énormément d’animaux au corps mou.

Cet exceptionnel état de conservation s’explique par l’habitat marin de l’époque. Les animaux trouvés au Maroc ont vraisemblablement peuplé le fond boueux d’une mer assez profonde. Ils ont été piégés par des nuages de sédiments et enterrés,  ce qui a préservé les structures molles. « Les nouvelles découvertes au Maroc indiquent que les animaux caractéristiques du Cambrien, comme les anomalocaridides, ont continué à avoir un impact considérable sur la biodiversité et l'écologie des communautés marines plusieurs millions d'années plus tard » a résumé Peter Van Roy, un des auteurs de l’article.

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Photo : © Esben Horn - Modèle d'anomalocaridide de la faune de Burgess, ressemblant au fossile découvert.  


Du Jurassique au Crétacé : l'âge des Dinosaures - Les Reptiles marins

Article publié par CNRS, le 10/05/2011

Par  Nathalie Bardet, UMR 5143, Paléobiodiversité et paléoenvironnements, Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris

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Le déroulement de l'évolution, sa chronologie et l'histoire des milieux  http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/accueil.html

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 Suite à la grande extinction de la limite Permo-Trias qui laissa libre un grand nombre de niches écologiques, le Trias fut marqué par l'émergence et la radiation des reptiles diapsides qui dominèrent les écosystèmes terrestres et marins du Jurassique et du Crétacé.

 

L'AUBE DES DIAPSIDES 

Les Diapsides possèdent deux paires de fosses temporales ou une seule paire de fosses supérieures (dans ce cas la fosse inférieure est rompue ou fermée) et se divisent en deux groupes majeurs : les Lépidosauromorphes et les Archosauromorphes, différenciés notamment par les os de leurs poignets.
Les Lépidosauromorphes incluent les serpents et les lézards actuels et fossiles et divers groupes de reptiles marins du Mésozoïque, notamment les ichthyosaures et les sauroptérygiens.
Les Archosauromorphes comprennent les crocodiles actuels et fossiles, les ptérosaures (fossiles) et les dinosaures, y compris les oiseaux.

 

BIEN AVANT LES DINOSAURES 

Les restes fossiles de reptiles marins attirèrent l’attention des naturalistes dès le début du XVIIe siècle, comme en témoignent des vertèbres de plésiosaures et d’ichthyosaures figurées dans des ouvrages de langue anglaise. Ces vertèbres étaient alors considérées comme appartenant à de gros poissons. Durant le XVIIIe siècle, les trouvailles d’ossements isolés d’ichthyosaures et de plésiosaures se multiplièrent en Angleterre mais la vraie nature de ces fossiles ne fut pas comprise. Certains y voyaient des restes de crocodiles, d’autres de cétacés, issus du déluge biblique.

    Fig. 1. - Couverture de l'ouvrage de B. Faujas de Saint-Fond (1799) « Histoire naturelle de la Montagne de Saint-Pierre de Maëstricht », Paris.   [© N. Bardet]

Autour de 1770, la découverte près de Maastricht (Fig. 1) de gigantesques mâchoires fossiles ayant appartenues à un animal alors inconnu, marqua un tournant décisif dans l'histoire de la Paléontologie des vertébrés alors naissante. Il s'agissait en effet des premiers restes conséquents de reptile fossile mis au jour. Comme leurs prédécesseurs, les naturalistes de l’époque eurent peu d’éléments de comparaison pour inscrire cet animal dans le système linnéen de classification. Ce furent le hollandais Adrian Camper puis le français Georges Cuvier qui révélèrent sa vraie nature, à savoir un lézard marin géant proche des varans actuels, appelé par Cuvier « Grand Animal fossile des Carrières de Maestricht ». Ce lézard, qui reçu plus tard le nom de Mosasaurus, joua un rôle important dans l’œuvre de Cuvier. En effet, avec d'autres animaux fossiles plus récents tels que le mammouth, ce fossile très ancien contribuait à soutenir l'hypothèse de Cuvier selon laquelle plusieurs « catastrophes universelles » avaient eu lieu sur Terre dans le passé. Enfin, il est fort probable que ce fossile influença la conception que les naturalistes ultérieurs eurent de divers groupes de reptiles fossiles, y compris les dinosaures, tous dépeints sous la forme de « sauriens gigantesques », référence évidente au lézard.

À l’aube du XIXe siècle, des squelettes complets d’ichthyosaures et de plésiosaures furent mis au jour dans les falaises jurassiques de Lyme Regis dans le Dorset, grâce à l’activité de chercheurs de fossiles locaux dont le plus célèbre était une femme nommée Mary Anning. Ces découvertes permirent de savoir à quoi ces animaux fossiles ressemblaient et de s'apercevoir qu'ils n'avaient aucun équivalent dans la nature actuelle. L'idée que des mondes révolus, peuplés de créatures bien différentes de celles que nous connaissions, avaient existé devenait de plus en plus évidente. C'est dans les années 1820 qu'ichthyosaures, plésiosaures et mosasaures reçurent leur nom scientifique (bien avant les dinosaures en 1842) et dans les années 1860 qu'ils furent reconstitués pour la première fois de manière réaliste. Les maquettes, toujours visibles aujourd'hui dans le Parc de Crystal Palace (Fig. 2) au sud de Londres, en témoignent.

  Fig. 2 - Premières reconstitutions d'un ichthyosaure et d'un plésiosaure datant de 1854 et toujours visibles aujourd'hui dans le Parc de Crystal Palace à Sydenham, au sud de Londres.   [© N. Bardet] 

Révolution industrielle en Europe et conquête de l'Ouest en Amérique du Nord (exploitation de carrières, construction de nouvelles villes, de routes, de voies ferrées, découverte d'espaces vierges, etc.) furent les moteurs durant tout le XIXe et le début du XXe siècles de la découverte de gisements fossilifères exceptionnels. Par la suite, de nouveaux chantiers de fouilles furent entrepris dans d’autres contrées, par exemple en Argentine, en Colombie britannique, au Maroc, etc. Outre l’amélioration de notre connaissance systématique des divers groupes de reptiles marins, ces gisements, ponctuant toute la durée du Mésozoïque, permettent d‘appréhender l’évolution des faunes au cours du temps.

 

LES ADAPTATIONS À LA VIE AQUATIQUE

Au cours de leur histoire, plusieurs groupes de tétrapodes (vertébrés à quatre pattes) ont envahi le milieu marin. L’adaptation d’animaux terrestres à un mode de vie aquatique implique de sérieuses modifications morphologiques, physiologiques et écologiques. La vie dans l’eau nécessite, entre autres, l’acquisition d’un corps hydrodynamique lisse, la modification de la densité du squelette (allégement ou alourdissement), la transformation des membres en palettes natatoires (Fig. 3) (polydactylie, polyphalangie, phalanges en forme de sablier ou de jetons), l’adaptation des organes des sens (narines, palais secondaire, yeux, oreilles, glandes à sel), des modes de reproduction (oviparité, ovoviviparité), de locomotion (palettes natatoires, forme de la queue, présence d'ailerons) et de prédation aux contraintes de ce nouvel environnement.

   

 Fig. 3. - Différentes formes de palettes natatoires connues chez les reptiles marins du Mésozoïque. Dans tous les cas, on observe un raccourcissement de la partie proximale du membre au profit de la partie distale qui présente un allongement des phalanges (chéloniens), une augmentation du nombre de phalanges dans chaque doigt (hyperphalangie – mosasaures et plésiosauriens), ou encore une augmentation du nombre de doigts et du nombre de phalanges dans chaque doigt (polydactylie + hyperphalangie - ichthyosaures) ; chez les nothosaures, les membres sont peu transformés et permettent encore une locomotion terrestre.   [ © N. Bardet] 

Ces adaptations peuvent être limitées chez les formes littorales ou au contraire très poussées chez les formes de haute-mer. Entre ces deux pôles se situe toute une gradation de formes à inféodation au milieu marin plus ou moins marquée, telle qu’on peut l’observer actuellement chez les mammifères en comparant un ours blanc, un phoque et un dauphin. Les reptiles marins présentaient aussi des degrés divers d’adaptation à la vie aquatique. Ainsi les formes littorales comme les nothosaures pouvaient probablement vivre entre terre et mer, tandis que les formes de mer ouverte telles que les ichthyosaures étaient probablement totalement affranchis du milieu terrestre et ne pouvait y revenir sous peine d’échouage comme les cétacés actuels.


DES PRÉDATEURS SUR TOUTE LA LIGNE/L'EXPLOSION DE DIVERSITÉ DU TRIAS (245 - 205 Ma)/ LA FRAGMENTATION DE LA PANGÉE/
INNOVATIONS ET DISPERSIONS AU JURASSIQUE (205 - 145 Ma) /LES EXTINCTIONS DU CRÉTACÉ (145 - 65 Ma)           Lire la suite ici.
 

 


Nocturnality in Dinosaurs Inferred from Scleral Ring and Orbit Morphology

Article publié par Science, le 14/04/2011

1.  Lars Schmitz1,2,* and   2.  Ryosuke Motani2 

+ Author Affiliations

1.1Department of Evolution and Ecology, University of California, Davis, CA 95616, USA.

2.2Department of Geology, University of California, Davis, CA 95616, USA.  

 

 

Abstract

Variation in daily activity patterns facilitates temporal partitioning of habitat and resources among species. Knowledge of temporal niche partitioning in paleobiological systems has been limited by the difficulty of obtaining reliable information about activity patterns from fossils. On the basis of an analysis of scleral ring and orbit morphology in 33 archosaurs, including dinosaurs and pterosaurs, we show that the eyes of Mesozoic archosaurs were adapted to all major types of diel activity (that is, nocturnal, diurnal, and cathemeral) and provide concrete evidence of temporal niche partitioning in the Mesozoic. Similar to extant amniotes, flyers were predominantly diurnal; terrestrial predators, at least partially, nocturnal; and large herbivores, cathemeral. These similarities suggest that ecology drives the evolution of diel activity patterns.

  

 

 

 

   

 

Close-up of the eye socket and ring of the dinosaur Protoceratops, active by day and  night.  © Ryosuke Motani and Lars Schmitz 

 

The small carnivorous dinosaur Juravenator starki was nocturnal.      © Ryosuke Motani and Lars Schmitz  

 

The pterosaur Scaphognathus crassirostris was a day-active archosaur, evidenced by its eye.    ©  Ryosuke Motani and Lars Schmitz 

 

 


La célèbre limite Crétacé-Tertiaire plus ancienne qu'estimée jusqu'à présent

Article publié par Insu-CNRS, le 13/04/2011

En analysant par la méthode de la cyclostratigraphie des séries sédimentaires marines prélevées dans les océans Indien et Atlantiques lors d'anciennes campagnes océanographiques des programmes internationaux « ODP » et « DSDP », une équipe de chercheurs français et américains a pu démontrer la corrélation des cycles sédimentaires avec les variations des paramètres orbitaux de la Terre et dater la limite Crétacé-Paléogène, soit à 65.59±0.07 Ma, soit à 66±0.07 Ma. Cette deuxième proposition est plus en accord avec les dernières données radiométriques, ce qui recule dans le temps cette limite de 405 000 ans par rapport à ce qui est actuellement admis.

La compréhension des processus et évènements géologiques qui ont jalonné l'histoire de la Terre nécessite l'établissement d'un cadre temporel toujours plus précis, avec comme référence constante l'échelle des temps géologiques. Cette échelle, établie à l'origine en fonction de l'évolution des espèces (biostratigraphie) est maintenant définie principalement par l'association de datations absolues, obtenues par radiochronologie, et de datations relatives, obtenues essentiellement par la biostratigraphie et la magnétostratigraphie (enregistrement des inversions de polarité du champ magnétique terrestre dans les sédiments).

Au cours des dix dernières années, une autre chronologie a pu être prise en compte, celle des paramètres orbitaux de la Terre (précession, obliquité, excentricité) qui contrôlent l'insolation à la surface de la Terre comme l'a démontré Milankovitch en 1941. Ces paramètres varient de façon cyclique avec des périodes de durées connues (respectivement ~20 ka, 41 ka, 100 et 405 ka) et influent sur la sédimentation par le biais du climat au point que des cyclicités sédimentaires ont pu être corrélées aux variations des paramètres orbitaux. Ainsi, la cyclostratigraphie repose sur la corrélation, grâce à des méthodes de traitement du signal, des cycles sédimentaires avec les évolutions des paramètres orbitaux, obtenues à l'aide de solutions astronomiques très fiables, ce qui permet d'estimer avec une grande précision les durées représentées par des séries sédimentaires, ou de tout événement enregistré dans ces séries.

Augmenter la résolution de l'échelle des temps du Crétacé, et dater précisément la limite Crétacé-Paléogène est un enjeu majeur pour la compréhension des nombreux événements qui ont lieu au cours de cette période. La limite Crétacé-Paléogène (K-Pg) présente toujours une certaine incertitude. Elle est placée à 65.5±0.4, 65.28±0.01 ou 65.957±0.04 Ma selon les méthodes et les auteurs. L'étude présentée ici visait à lever ces incertitudes afin de comprendre l'enchaînement des événements marquant le Maastrichtien (d'environ -72 à -65.5 Ma).

 

Carte paléogéographique simplifiée au Crétacé supérieur avec le positionnement des sites étudiés. Ces sites couvrent un intervalle qui s’étend du Campanien supérieur jusqu’à la limite Crétacé-Paléogène.  © Husson et al. 2011

 Pour cela, les auteurs ont procédé à l'analyse cyclostratigraphique de plusieurs séries sédimentaires océaniques présentant un cadre bio- et magnétostratigraphique solide et provenant de forages réalisés lors de leg ODP (Ocean Drilling Program) dans l'Océan Indien, l'Atlantique équatorial et l'Atlantique sud, et d'un leg DSDP (Deep Sea Drilling Program) dans l'Atlantique Sud. Ils ont utilisé la solution astronomique la plus récente (et plus précise), mise au point par l'astronome Jacques Laskar et ses collaborateurs en 2010. 

(Lire la suite ici.)

Note : Cette étude a été menée dans le cadre du projet ANR « ASTS-CM » (Astronomical Time Scale for the Cenozoïc and Mesozoïc Era).

Source  : Astronomical calibration of the Maastrichtian (Late Cretaceous), 2011 - Earth Planet. Sci. Lett., doi:10.1016/j.epsl.2011.03.008 Dorothée Husson (1), Bruno Galbrun (1), Jacques Laskar (2), Linda A. Hinnov (3), Nicolas Thibault (4), Silvia Gardin (5), Robert E. Locklair (3).
1. Université Pierre et Marie Curie, ISTeP, Institut des Sciences de la Terre-Paris, UMR 7193.
2. Observatoire de Paris, IMCCE, Institut de Mécanique Céleste et de Calcul des Ephémérides, UMR 8028.
3. Johns Hopkins University, Department of Earth and Planetary Sciences, Baltimore, USA.
4. University of Copenhagen, Institute for Geography and Geology, Denmark.
5. Université Pierre et Marie Curie, CR2P, Centre de Recherche sur la Paléodiversité et les Paléoenvironnements, UMR 7072.


Encore une nouvelle espèce de dinosaure découverte en Argentine

Article publié par AFP & Actualités Orange, le 23/03/2011

Une nouvelle espèce de dinosaure a été découverte en Argentine, paradis pour les paléontologues, et éclaire l'origine des gigantesques herbivores qui ont habité la Terre il y a 170 millions d'années, a indiqué à l'AFP un scientifique à l'origine de cette découverte 

 

 Le Leonerasaurus taquetransis mesure trois mètres de long. Il s'agit d'une « espèce très primitive, qui vivait il y a 180 millions d'années et aide à comprendre l'évolution des géants apparus par la suite », a déclaré Diego Pol, cosignataire fin janvier d'un article annonçant cette découverte dans la revue scientifique PLoS ONE.

Il pourrait s'agir du "chaînon manquant" entre les prosauropodes, qui vivaient au Trias supérieur et au Jurassique inférieur, et leurs successeurs, les sauropodes.

« Cette nouvelle espèce (...) nous fournit des données sur l'origine des dinosaures sauropodes, herbivores à la queue et au cou allongés, qui furent les êtres les plus grands ayant existé sur Terre », estime ainsi ce scientifique du Musée paléontologique Egidio Feruglio à Trelew (Patagonie, sud).

« Nous avons retrouvé une bonne partie du squelette du Leonerasaurus. Il manque un bout du crâne et de la queue, mais il y a la colonne vertébrale, le bassin, les pattes avant et arrière », a précisé Diego Pol, coauteur de cette découverte avec deux autres chercheurs argentins, Alberto Garrido et Ignacio A. Cerda.

Le fossile a été retrouvé dans un gisement de l'ère jurassique situé dans les montagnes de Taquetren en Patagonie, d'où son nom de Leonerasaurus taquetransis.

L'Argentine a été surnommée “Jurassic Park” après la découverte de nombreux fossiles de dinosaures.

Les plus connus sont l'Argentinosaurus huinculensis, l'herbivore le plus grand jamais retrouvé (40 mètres de long), qui vivait il y a 98 millions d'années, et le Gigantosaurus carolinii (13,5 m de long), considéré comme le plus grand dinosaure carnivore au monde, encore plus massif que le Tyranosaurus rex.

En 1988, des paléontologues avaient aussi découvert le squelette le plus complet d'Amérique du Sud, celui d'un herbivore d'une dizaine de tonnes et de 17 m de long, baptisé Rebbachisaurus tessonei et qui était l'un des mets préférés du Gigantosaurus, selon les chercheurs. 

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Photo : © --, AFP  -  Image transmise par le Musée paléontologique de Trelew le 23 mars 2011, montrant le Leonerasaurus taquetransis. 


Paléospace : ouverture dans un mois, en présence d'Anna - Villers-sur-Mer

Article publié par Ouest-France, le 19/03/2011

Quatre questions à...

Karine Boutillier, directrice.

 

Quels seront les événements, à l'ouverture ?

Il y aura la présence d'Anna l'ichtyosaure, inédite en France ! C'est un remarquable fossile qui nous vient d'une collection privée et qui sera dans le musée dès l'ouverture.

Qui est Anna ?

Anna est le surnom d'un squelette d'Ophtalmosaurus, ichtyosaure découvert dans le Wyoming. En effet au Jurassique, une immense mer intérieure occupait le milieu de l'Amérique du Nord. Malgré sa provenance lointaine, Anna appartient au même genre que les ichtyosaures découverts dans les falaises des Vaches Noires. Ophtalmosaurus se distingue aisément par la présence de ses immenses yeux... les plus grands du règne animal proportionnellement à sa taille ! La présence d'un anneau de pièces osseuses, appelé anneau sclérotique, situé dans l'orbite, indique qu'Ophtalmosaurus était un plongeur des grandes profondeurs : les paléontologues supposent que cette particularité anatomique permettait de protéger leurs yeux de la pression de l'eau.

Pourquoi ce squelette est rare ?

Le squelette d'Anna est complet à 70-80 pourcent et son crâne à 90 pourcent... ce qui en fait un spécimen extrêmement rare.

Y aura t-il d'autres spécimens ?

Nous attendons également des spécimens rares et de grande qualité scientifique pour notre exposition temporaire « Quand les dinosaures pondaient des oeufs », du 20 avril au 31 décembre.

 

Mercredi 20 avril, 10 h, ouverture du Paléospace-Odyssée.

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Photo :  © Ouest-France - Anna, l'ichtyosaure.


Présentation d'un nouveau dinosaure, découvert dans le nord du Chili

Article publié par AFP & Actualités Orange, le 17/03/2011

Des paléontologues chiliens ont présenté jeudi l'« Atacamatican », une nouvelle espèce gigantesque de dinosaure herbivore qui vivait dans le nord du Chili il y a une centaine de millions d'années et dont la découverte a été validée par une revue scientifique brésilienne.

 

L'« Atacamatitan chilensis est le premier dinosaure à être baptisé au Chili », a déclaré à l'AFP David Rubilar, membre de l'équipe qui a présenté sa découverte jeudi à la communauté scientifique chilienne.

Les restes de ce dinosaure avaient été retrouvés en 2000 dans ce qui est aujourd'hui le désert le plus aride du monde, celui d'Atacama, dans l'extrême nord du Chili.

Mais il y a une centaine de millions d'années, au Crétacé, une grande partie de cette zone était couverte d'espèces végétales dont se nourrissait ce dinosaure géant, mesurant environ huit mètres de long et pesant cinq tonnes.

Il avait une queue et un cou particulièrement longs, mais sa particularité réside surtout dans la finesse de ses jambes, reflet de son habitat naturel et de son alimentation, selon David Rubilar.

« Sa particularité a été repérée à partir des vertèbres dorsales, de sa queue et de la forme de son fémur, plus svelte que celui de tous les autres dinosaures géants déjà découverts », a expliqué le paléontologue.

« Ce n'est ni le plus grand, ni le plus petit, sa principale caractéristique distinctive est son fémur », a-t-il ajouté, estimant que « cette nouvelle espèce fossile permettra d'améliorer la connaissance des dinosaures en Amérique du Sud ».

Les scientifiques ont passé des années à récolter un maximum de données sur l'Atacamatitan et à les comparer à celles sur les espèces existantes, pour écarter la présence d'un dinosaure similaire ailleurs sur la planète.

Leur découverte a été définitivement validée par la publication d'un article jeudi dans la revue Anais de l'Académie brésilienne des sciences.

 

Photo : © MNHC/AFP-Carlos Anzures.  Dessin d'artiste transmis à l'AFP par le Musée d'Histoire natuelle de Santiago, le 17 mars 2011, représentant l'«Atacamatican»»»""»»»


Sa vie avec les « océanosaures »

Article publié par Le Courrier de l'ouest, le 05/03/2011

SCIENCES. Depuis ving ans, Nathalie Bardet traque les géants qui peuplaient les océans avant l’homme. 

Portrait, par Yves Durand.

Instinctivement, les gamins se reculent dans leur fauteuil. L’énorme mâchoire du Mosasaurus vient de les frôler avant de se refermer sur sa proie. Sur l’écran de mille mètres carrés de la Géode, l’Elasmosaurus n’en finit pas d’étirer son cou de sept mètres. Rien, comparé aux 21 mètres de long du Shonisaurus. Nathalie Bardet le connaît quasiment par cœur : depuis cinq ans, elle en a suivi la gestation, étape par étape, au titre de conseillère scientifique.

Ses « bestioles » mesurent de trois à quinze mètres

Pour présenter au public les « dinosaures » des mers, les deux cinéastes Pascal Vuong et Ronan Chapalain ont inventé un mot : les « océanosaures ». Nathalie Bardet tique un peu, rigueur de docteur en paléontologie oblige ! Elle préfère les appeler tout simplement « les reptiles marins ». Ces géants ont aussi vécu à l’ère secondaire, mais ils sont à distinguer : « Les dinosaures font partie du même grand groupe que les crocodiles. Les reptiles marins comprennent plusieurs grands groupes qui appartiennent, eux, au groupe des lézards et des serpents. Ils ont vécu entre 250 et 65 millions d’années avant nous. » le climat est alors plus chaud que le nôtre, et la quasi-totalité de l’Europe se trouve encore sous les eaux. Certains de ces seigneurs des océans disparaîtront brusquement en même temps que les dinosaures, vraisemblablement victimes d’une météorite ou d’une éruption volcanique. Depuis plus de dix ans, Nathalie Bardet consacre sa carrière de chercheur à l’un de ces groupes, les mosasaures. Ceux qu’elle nomme affectueusement ses « bestioles », mesurent de trois à quize mètres. Leur corps recouvert de petites écailles est serpentiforme, avec quatre pattes transformées en palettes natatoires et une longue queue aplatie. Ils remontent à la surface pour respirer. On a retrouvé leurs fossiles un peu partout dans le monde : aux Pays-Bas comme au Canada, en Nouvelle-Zélande comme en Antarctique. Elle-même en a étudié en Syrie, en Jordanie, en Espagne et en différents coins de France mais ceux que la scientifique connaît le mieux ont été découverts au Maroc, dans les mines à ciel ouvert de phosphate qui s’étendent autour de la ville de Khouribga. Elle s’y rend deux fois quinze jours par an, avec ses collègues du Muséum national d’Histoire naturelle. Les paléontologues y travaillent au marteau et au burin, au pinceau et à la brosse pour dégager les ossements, de la dent de cinq à sept centimètres au fameux crâne qui trône à l’entrée de la Géode. Attention, carnivores ! « Les spécimens les plus petits mangeaient poissons, coquillages et céphalopodes, les grands étaient de vrais prédateurs, se nourrissant aussi d’autres reptiles marins. Certains fossiles montrent d’ailleurs des traces de morsures ; ils pouvaient s’attaquer mutuellement . » Toute spécialiste qu’elle soit, Nathalie Bardet admet que bien des questions restent sans réponse. De nouveaux scans permettront d’en savoir d’avantage : « On va pouvoir étudier leur cerveau et situer le passage des nerfs crâniens. Et en tirer des hypothèses sur leur intelligence et leur comportement. C’est génial ! » Avec ce film d’une quarantaine de minutes, le chercheur visualise pour la première fois autrement que dans sa tête ces animaux dont elle ne voyait jusqu’à présent que des ossements éparpillés. Et elle réalise un rêve d’enfant quand, petite fille, près de Grasse en Provence, elle ramassa un jour un coquillage fossilisé – elle l’a gardé – et dès lors se passionna pour l’histoire d’avant les Hommes. Si la Cité des sciences célèbre les « océanosaures » à travers un film, au Muséum national d’Histoire naturelle, à Paris toujours, les vedettes sont les dinosaures. Vue par plus de 320 000 visiteurs déjà, la grande exposition « Dans l’ombre des dinosaures » jouera même les prolongations jusqu ‘au 13 juin. Un engouement qui ne surprend pas outre mesure Nathalie Bardet : « Les enfants rêvent de faire revivre des mondes disparus. Découvrir ces géants, c’est un peu la machine à remonter le temps. »

 ITINÉRAIRE

1966 : naissance à Grasse (Alpes-Maritimes) – 1984 : entame des études de géologie à Nice – 1992 : soutient à Paris sa thèse de paléontologie – 1994 : recrutée au CNRS avant d’intégrer le Muséum national d’Histoire naturelle – 2011 : le film dont elle a été conseillère scientifique est présenté à la Géode, à la Cité des sciences à Paris

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Photo :  © CO/Philippe Dobrowolska - Paris, le 10 février. Nathalie Bardet a été la conseillère scientifique du nouveau film de la Géode, à Paris, consacré aux reptiles des mers. Elle compte bien le montrer à son petit garçon. À six ans et demi, il est déjà incollable sur les dinosaures.


Une cabane en Alaska datant de 11 500 ans

Article publié par Le Figaro, le 25/02/2011

L`habitation abritait le squelette d`un enfant âgé de 3 ans et des outils en pierre ressemblant à ceux trouvés en Sibérie à la même époque. 

Des archéologues américains ont découvert dans le centre de l`Alaska l`emplacement d`une habitation vieille de 11 500 ans (Science, 24 février 2011). Le site d`Upper Sun River se trouve au milieu de dunes dans la forêt boréale de Tanana. Le sol est creusé d`une vingtaine de centimètres et une grande fosse abrite les restes d`un enfant âgé de 3 ans ayant subi une crémation. Aucun objet lié à cet enterrement n`a été retrouvé à proximité ni aucune trace de blessure sur les os de l`enfant. Le site n`a pas encore été totalement fouillé et les archéologues ignorent encore son étendue. L`équipe pilotée par Ben Potter, de l`université de Fairbanks, travaille en étroite relation avec les chefs de la tribu de Healy Lake et d`autres Amérindiens locaux vivant dans le voisinage.

C`est la première fois qu`une « maison » datant de cette époque est découverte dans cette région de l`Alaska. Les rares autres sites sont localisés dans le sud de l`État.

Les outils en pierre découverts sur place apportent de précieuses informations sur les conditions de vie des premières populations d`Amérique du Nord. L`Alaska était alors un carrefour important entre l`Asie et l`Amérique. Venus de Sibérie il y a près de 13 000 ans, les migrants pouvaient traverser à pied sec la Béringie qui constituait alors une sorte de pont entre les continents asiatique et américain. À la fin de la dernière glaciation, le niveau de la mer était alors beaucoup plus bas que le niveau actuel et les glaciers recouvraient encore une grande partie du Canada.

Une résidence d`été 

« Le site d`Upper Sun River devait abriter un petit groupe humain, avec des femmes et des jeunes enfants », écrivent les auteurs de l`étude. Il devait s`agir, selon eux, d`une résidence d`été, les personnes se nourrissant de poissons et d`oiseaux. Après la crémation, le site a été comblé et l`endroit abandonné, avancent les chercheurs. Le type d`habitation ainsi que les outils en pierre trouvés à Upper Sun River ressemblent plus à ceux du lac Ushki en Sibérie qu`à tout ce qui a été trouvé ailleurs au sud dont la culture plus connue de Clovis. Il s`agit de petites pointes de pierre taillées en lame de rasoir insérées sur des manches en os ou en bois.

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* Photo parue dans Science © Ben A. Potter/Universtiy of Alaska, Fairbanks, avec cette légende : The dead tell tales. Excavations at Upward Sun River (upper left) unearthed a child cremation, one of only a small number of Paleoindian sites with human remains (see map).

Le mort nous raconte des histoires. Les fouilles effectuées à Upward Sun River (en haut à gauche) ont mis au jour les restes incinérés d’un jeune enfant. Il s’agit d’un des rares sites paléo-indiens avec des restes d’humains (voir la carte). [Traduction : Alain Dejardin/APVSM]


Les rayons X révèlent l'anatomie et la structure interne des membres d'un serpent à pattes fossile

Article publié par CNRS/MNHN, le 08/02/2011

Une nouvelle technologie d`imagerie par rayons X aide les scientifiques à mieux comprendre comment, au cours de l`évolution, les serpents ont perdu leurs pattes. Les chercheurs espèrent que les nouvelles données les aideront à résoudre l`épineuse question de l`origine des serpents : sont-ils issus de l`évolution de lézards terrestres ou de lézards vivant dans les océans ? Les nouvelles images 3D obtenues mettent en évidence que l`architecture interne des os de la patte de ce serpent fossile est très similaire à celle d`un lézard terrestre moderne. Les résultats sont publiés le 8 février dans The Journal of Vertebrate Paleontology.

L`équipe de chercheurs, menée par Alexandra Houssaye, du Centre de Recherche sur la paléobiodiversité et paléoenvironnements (Muséum national d`Histoire naturelle/CNRS / UPMC), compte des scientifiques de l`European Synchrotron Radiation Facility(1) (ESRF) à Grenoble, où a été réalisée l`imagerie par rayons X, et du Karlsruhe Institute of Technology (KIT), en Allemagne, où ont été développés à la fois la technique sophistiquée et l`instrument spécifique à l`acquisition des images.

Il n`existe que 3 spécimens de serpents à pattes fossiles pour lesquels les os du bassin et des membres sont préservés. Eupodophis descouensi, le serpent fossile étudié par ces chercheurs, a été découvert il y a 10 ans au Liban dans des roches vieilles de quelques 95 millions d`années. Long d`environ 50 cm, il présente une petite patte, longue d`environ 2 cm, et reliée au bassin de l`animal. C`est un fossile-clé pour comprendre l`évolution des serpents, puisqu`il témoigne d`un stade d`évolution intermédiaire où les serpents n`avaient pas encore perdu les pattes qu`ils ont hérité de leurs ancêtres lézards. Bien que le fossile n`expose en surface qu`une seule patte, on présumait que la seconde était dissimulée dans la roche elle-même, ce qui a été confirmé grâce à sa visualisation en détail grâce aux rayons X.

Les images haute résolution en 3D, et en particulier les détails précis de la patte enfouie, suggèrent que cette espèce a perdu ses pattes via une croissance soit plus lente, soit plus courte. Les données concernant la patte cachée, pliée au niveau du genou, révèlent aussi la présence de seulement 4 os de la cheville et l`absence d`os du pied et d`orteils.

« La mise au jour de la structure interne des membres postérieurs d`Eupodophis nous permet d`étudier le processus de régression des membres au cours de l`évolution des serpents », note Alexandra Houssaye.

Les scientifiques ont eu recours à la laminographie par synchrotron, une technique d`imagerie récente spécialement développée pour l`étude d`échantillons plats, allongés dans une direction. Cette technique est similaire à la tomographie assistée par ordinateur (CT), employée dans de nombreux hôpitaux, mais utilise un rayonnement synchrotron cohérent  pour atteindre un niveau de détail de l`ordre de quelques micromètres - soit 1000 fois plus petit qu`avec un CT scan d`hôpital. Avec cette nouvelle technique, le fossile est en rotation selon un angle incliné au cours de son exposition au rayonnement X à très haute énergie ; des milliers d`images en deux dimensions sont enregistrées alors que le fossile fait un tour complet sur lui-même. Une reconstitution en 3D et en haute résolution est réalisée à partir de la reconstruction de ces images ; elle fait apparaître les détails cachés tels que la structure interne des pattes.

« Les énormes machines que sont les synchrotrons nous permettent d`accéder à un niveau de détails microscopiques invisibles que l`on ne peut atteindre avec d`autres techniques sans endommager ces inestimables spécimens fossiles », indique Paul Tafforeau de l`ESRF, co-auteur de l`étude.

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Note : (1) European Synchrotron Radiation Facility (Installation Européenne de Rayonnement Synchrotron), à Grenoble.

Références : A. Houssaye, F. Xu, L. Helfen, V. De Buffrénil, T. Baumbach, P. Tafforeau: Three-dimensional pelvis and limb anatomy of the Cenomanian hind-limbed snake Eupodophis descouensi (Squamata, Ophidia) revealed by synchrotron-radiation computed laminography. Journal of Vertebrate Paleontology 2011 31(1):1-6.

Photo : © Alexandra Houssaye / MNHN - Eupodophis descouensi, serpent fossile du Crétacé (il y a 95 millions d`années) découvert au Liban – échelle : 1 cm


EARLY SOUTHERN EXODUS ?

Article publié par Science, le 28/01/2011
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The Southern Route “Out of Africa”: Evidence for an Early Expansion of Modern Humans into Arabia ( Simon J. Armitage, Sabah A. Jasim, Anthony E. Marks, Adrian G. Parker, Vitaly I. Usik, and Hans-Peter Uerpmann)

Abstract

The timing of the dispersal of anatomically modern humans (AMH) out of Africa is a fundamental question in human evolutionary studies. Existing data suggest a rapid coastal exodus via the Indian Ocean rim around 60,000 years ago. We present evidence from Jebel Faya, United Arab Emirates, demonstrating human presence in eastern Arabia during the last interglacial. The tool kit found at Jebel Faya has affinities to the late Middle Stone Age in northeast Africa, indicating that technological innovation was not necessary to facilitate migration into Arabia. Instead, we propose that low eustatic sea level and increased rainfall during the transition between marine isotope stages 6 and 5 allowed humans to populate Arabia. This evidence implies that AMH may have been present in South Asia before the Toba eruption.

Science 28 January 2011:
Vol. 331 no. 6016 pp. 453-456
DOI: 10.1126/science.1199113       Photo © Armitage -  Artifacts in eastern Arabia dating to 100,000 years ago imply that modern humans left Africa early


L'émigration de l'homme moderne d'Afrique daterait d'au moins 100 000 ans

Article publié par AFP, le 27/01/2011
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WASHINGTON — L`homme moderne a émigré d`Afrique pour conquérir le monde il y a au moins cent mille ans selon des outils de pierre découverts dans la Péninsule arabique, soit bien avant qu`on ne le pensait, indiquent des travaux publiés jeudi qui révèlent le rôle joué par le climat.

La présence de l`homme moderne dans la Péninsule arabique pourrait même remonter à 125 000 ans, estime cette équipe internationale de recherche dirigée par Hans-Peter Uerpmann de l`Université Eberhard Karls à Tübingen en Allemagne.

Cette dernière découverte fait l`objet d`une communication dans la revue américaine Science du 28 janvier.

La période à laquelle l`Homo Sapiens a commencé à émigrer du continent africain, où il est apparu il y a environ 200 000 ans, et la chronologie de sa dispersion autour de la Méditerranée et le long des côtes d`Arabie, fait l`objet d`un débat de longue date.

Toutefois, la plupart des vestiges et traces découverts jusqu`alors dataient cette migration à environ 60 000 ans.

Les chercheurs, dont le principal auteur est Simon Armitage de Royal Holloway à l`Université de Londres, ont découvert cet ensemble d`outils sur le site archéologique du djebel Faya aux Emirats arabes unis. Il s`agit notamment de silex bifaces, taillés sur les deux faces pour couper, creuser et racler, de haches sans manche et de grattoirs.

Ils ont commencé l`excavation en 2003, mettant au jour d`abord des artefacts datant de l`âge du fer, du bronze et du Néolithique, avant de trouver ces outils qui remontent au Paléolithique moyen, période s`étendant de 300 000 à 30 000 ans.

Ces archéologues ont recouru à une technique de luminescence par stimulation optique qui permet de mesurer depuis quand des matériaux n`ont pas été exposés à la lumière.

Ils ont ainsi déterminé que ces outils de pierre devaient remonter à une période allant de 100 000 à 125 000 ans.

Selon eux, ces outils montrent que les techniques utilisées pour les fabriquer ressemblent à celles auxquelles recouraient les premiers hommes modernes d`Afrique de l`Est, berceau de l`humanité.

Ces chercheurs ont aussi déterminé que cette migration s`est faite à la faveur d`un changement climatique.

« Le site de djebel Faya ouvre une fenêtre fascinante vers le passé, révélant les migrations de l`homme moderne hors d`Afrique beaucoup plus tôt qu`on ne le pensait. Ces migrations ont été favorisées par des fluctuations du niveau de la mer et des changements climatiques dans la Péninsule arabique », résume Simon Armitage.

L`apparition de l`homme moderne en Afrique il y a 200 000 ans et ce jusqu`à 130 000 ans correspond à une période glaciaire durant laquelle le niveau des océans dans les deux hémisphères a fortement diminué.

Durant la transition entre la glaciation et le réchauffement, le niveau de la Mer Rouge est resté jusqu`à cent mètres inférieur à ce qu`il est aujourd`hui rendant le détroit de Bab-al-Mandab entre l`Arabie et la corne de l`Afrique suffisamment étroit pour rendre possible une traversée, ont déterminé ces chercheurs.

L`homme moderne serait ainsi sorti d`Afrique pour accéder directement à l`Arabie puis au Croissant fertile avant d`aller en Inde et en Australie, selon eux.

De plus, la Péninsule arabique était bien plus humide et verdoyante à cette époque qu`aujourd`hui grâce à la mousson de l`océan Indien qui s`étendait alors plus au nord.

Mais tous les archéologues ne sont pas convaincus par les conclusions de ces chercheurs.

Paul Mellars, de l`Université de Cambridge (Grande-Bretagne), ne pense pas que les outils de djebel Faya correspondent aux techniques d`Afrique de l`Est et soulignent que les auteurs de la découverte n`ont pas totalement exclu qu`ils auraient pu être fabriqués par des hommes de Neandertal voire des Homo erectus, d`anciens cousins de l`homme moderne.

 

Article de : Jean-Louis Santini (AFP) - Photo : © Mandel Ngan, AFP Les crânes d`un homme de Neandertal (g) et d`un Homo sapiens (d) exposés au Smithsonian National Museum d`Histoire naturelle de Washington le 17 mars 2010


Le dodo... pas si dodu que ça !

Article publié par CNRS, le 20/01/2011
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Le dodo (Raphus cucullatus), oiseau de l`île Maurice disparu vers la fin du 17e siècle, est l`une des plus célèbres espèces animales exterminée par l`action de l`homme. Pourtant, de nombreux aspects de sa biologie demeurent obscurs, à commencer par son poids. Beaucoup de représentations artistiques du dodo le montrent comme un oiseau très gras, presque obèse, et il a été souvent admis que son poids devait être élevé, dépassant les 20 kilogrammes. Une étude associant le musée d`Elbeuf-sur-Seine, le Laboratoire de géologie de l`ENS (CNRS-ENS) et le laboratoire Mécanismes adaptatifs : des organismes aux communautés(CNRS-MNHN), parue dans la revue Naturwissenschaften, suggère un poids nettement moins élevé et remet en cause l`idée du dodo obèse.

Le dodo est en quelque sorte un fossile ultra récent. Il s`est éteint au 17e siècle, mais la plupart des os conservés dans les musées viennent d`un site daté d`environ 4000 ans. Le dodo a certainement été victime des activités humaines, mais sans doute pas uniquement de la prédation directe de l`homme, même s`il est certain que les marins et colons hollandais (et autres) ont consommé des dodos en abondance. Il est vraisemblable que les animaux introduits par l`homme (chiens, porcs, chats, singes) ont joué un rôle important en détruisant, suivant les cas, les adultes, les jeunes ou les oeufs. C`est ainsi que c`est achevée la vie de ce bel oiseau, représenté assez dodu dans les gravures anciennes.

Cette étude a pour point de départ la "redécouverte" d`un ensemble d`ossements de dodo conservés dans la riche collection d`histoire naturelle du Musée d`Elbeuf-sur-Seine (Seine-Maritime). Donnés au musée par le naturaliste mauricien Paul Carié en 1923, ils n`avaient jamais attiré l`attention des scientifiques et ne figurent dans aucune des diverses listes d`ossements de dodo publiées dans divers ouvrages récents. C`est à l`occasion d`un inventaire des vertébrés fossiles du musée d`Elbeuf que l`attention a été portée sur cette collection rare et qu`une étude minutieuse des ossements a été entreprise1. Les résultats surprenants a conduit les protagonistes de l`étude à examiner la question très controversée du poids du dodo.

En effet une récente étude suédoise portant sur plusieurs centaines d`espèces d`oiseaux actuels a permis d`établir une relation, exprimée par des équations, entre le poids moyen de l`animal et la longueur des os de ses pattes. Pour évaluer le poids du dodo, les longueurs des os de dodo du Musée d`Elbeuf ont été utilisées, ainsi que de nombreuses mesures prises sur des ossements de dodos conservés dans des musées du monde entier. A partir des équations établies pour les oiseaux actuels, un poids moyen de 10,2 kg a été obtenu pour le dodo. Ce poids est significativement inférieur à des estimations datant des années 1990, obtenues suivant d`autres techniques, qui allaient jusqu`à 22 kg. Suivant la nouvelle étude, le poids moyen du dodo aurait été à peu près celui d`un dindon sauvage, oiseau dont la taille est similaire à celle du dodo.

Cette nouvelle estimation permet de penser que les rares représentations anciennes du dodo, faites d`après nature, qui le montrent comme un oiseau relativement svelte, sont plus réalistes que celles, plus connues, qui le dépeignent comme excessivement gras. Les auteurs de ces dernières ont eu pour modèles des dodos captifs amenés en Europe, qui avaient probablement été suralimentés, à quoi s`est ajoutée une exagération de la grosseur de l`oiseau au fil des reproductions par des artistes successifs. Il est possible aussi que ces représentations aient eu pour point de départ des dodos se livrant à une parade durant laquelle ils gonflaient leur plumage et leur jabot. Toutefois, on sait si peu de choses sur le comportement du dodo que cette hypothèse demeure hautement spéculative.

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(1) L`étude a été menée par Delphine Angst dans le cadre d`un mémoire de maîtrise, sous la direction d`Anick Abourachid et d`Éric Buffetaut.

Source - «The end of the fat dodo? A new mass estimate for Raphus cucullatus », Delphine Angst & Éric Buffetaut & Anick Abourachid, Naturwissenschaften ; Delphine Angst, étudiante ; Éric Buffetaut, Laboratoire de géologie de l`École normale supérieure (CNRS-INSU, ENS) ; Anick Abourachid, Muséum national d`Histoire naturelle, Département EGB DOI 10.1007/s00114-010-0759-7

Illustrations - Ces deux représentations du dodo datent du 17e siècle, alors que cet oiseau existait encore. À gauche (a) selon C. Clusius (1605), d`après un dessin aujourd`hui perdu du navigateur Van Neck, qui observa le dodo dans son habitat naturel à l`île Maurice. À droite (b), selon l`artiste A. Van de Venne (1626), d`après un dodo captif en Europe. La nouvelle estimation du poids du dodo (environ 10 kg) est en meilleur accord avec le dessin de Clusius qu`avec celui de Van de Venne. Les images de dodos obèses, recopiées par nombre d`artistes depuis le 17e siècle, ont peut-être pour base des individus suralimentés, et témoignent sans doute d`une certaine exagération touchant à la caricature.


Pérou : Découverte d’un calamar fossilisé de 85 millions d’années

Article publié par AFP & Actualités Orange, le 20/01/2011
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Des paléontologues ont annoncé jeudi la découverte, dans le nord-est amazonien du Pérou, d’un fossile de calamar apparemment inconnu remontant au Crétacé, à environ 85 millions d’années.

 

«C`est une espèce de calamar totalement nouvelle, rencontrée nulle part ailleurs», a indiqué à l`AFP le paléontologue Klaus Honninger du musée paléontologique de Chiclayo (nord), l`un des responsables de l`équipe scientifique.

Le fossile de céphalopode rectiligne, d`une longueur de 32 cm pour 5 cm de diamètre, appartient à la famille éteinte des Baculites. Il est strié d`anneaux diagonaux dans sa partie inférieure.

Il a été découvert début janvier dans le bassin du fleuve Maranon, à plus de 4 000 m d`altitude dans la province d`Amazonie, dans une strate de terrain remontant à 83-85 millions d`années.

Le cépaholopode aurait vécu dans un lac salé intérieur et devrait contribuer à «une meilleure compréhension de l`évolution indépendante des espèces isolées de manière durable» dans les mers du Crétacé en Amérique du Sud.

Photo : AFP/Meyer-Honninger Museum


Ni Neandertal, ni Sapiens : bienvenue aux Dénisoviens !

Article publié par Cité des Sciences et de l'Industrie, le 12/01/2011

Découvert en 2008 dans la grotte de Denisova, au sud de la Sibérie, un petit doigt vieus de 40 000 ans appartient à une fillette d`une espèces humaine encore inconnue. C`est ce que confirme le séquençage de son génome nucléaire.

Un an de suspens

En mars 2010, l`analyse de l`ADN mitochondrial (l`ADNmt) de ce petit bout de doigt suggérait qu`il pouvait avoir appartenu à une espèce humaine encore inconnue. Une espèce humaine qui aurait côtoyé, au moins en ces lieux et sur une longue période, les deux espèces déjà connues : Neandertal (disparu il y a environ 28 000 ans) et Homo sapiens (notre ancêtre à tous). Retrouvé dans une couche de terre vieille de 40 000 ans, le petit doigt était soupçonné d`appartenir à une lignée âgée de plus d`un million d`années. Du moins c`est ce que laissait entendre la comparaison de son ADN mitochondrial avec celui d`autres spécimens humains déjà étudiés.

Un nom : les Dénisoviens

Pour en avoir le cœur net, restait à interroger l`ADN nucléaire. C`est chose faite. L`équipe conduite par Svante Pääbo, de l`Institut Max-Planck d`anthropologie évolutive de Leipzig, vient en effet d`annoncer ses résultats le 23 décembre dans la revue Nature. Une publication la semaine de Noël pour confirmer la naissance d`une nouvelle lignée humaine. Faute d`un nombre suffisant d`ossements et d`individus, les chercheurs hésitent encore à parler officiellement d`une nouvelle espèce. Mais ils parlent désormais d`un « groupe humain » auquel ils viennent de donner un nom : les Dénisoviens.

Une lointaine sœur de Neandertal

Car l`analyse de l`ADN nucléaire confirme l`originalité du petit doigt de Denisova qui appartient à une fillette de sept ans. Et dresse un arbre généalogique plus précis : la branche des Dénisoviens aurait divergé de celle qui conduit à l`homme moderne il y a 800 000 ans, et de celle qui mène à Neandertal il y a 640 000 ans. Les Dénisoviens seraient donc plus proches de Neandertal que de Sapiens.

Un métissage préhistorique

En comparant l'ADN de Denisova avec celui d'hommes modernes actuels, les chercheurs sont tombés sur un résultat inattendu. Les Papous de Nouvelle-Guinée (Mélanésiens) partageraient 5pourcent de leur génome avec les Dénisoviens. Une affinité génétique que l'on ne retrouve avec aucun autre génome contemporain, qu'il soit africain ou européen. Après la découverte en mai 2010 de fragments issus de l'ADN de Neandertal dans le patrimoine génétique des Européens et des Asiatiques, ce résultat est une nouvelle preuve que les différentes espèces humaines ayant cohabité il y a plusieurs millénaires sur la planète, ont pu se métisser.

Pour expliquer cette infime parenté des Mélanésiens avec les Dénisoviens, l'équipe de l'Institut Max-Planck dresse l'hypothèse que les Dénisoviens, loin de se cantonner aux seules montagnes de l'Altaï, auraient croisé la route de Sapiens, il y a 55 000 ans, quelque part vers le Proche-Orient. Et que les descendants issus de cette rencontre auraient traversé l'océan pour s'installer en Mélanésie, il y a 45 000 ans.  

 

Article de : Paloma Bertrand. 


Disparition de l'homme de Neandertal et anomalie du champ magnétique

Article publié par CNRS, le 07/01/2011

Lien causal ou coïncidence ?

Les variations importantes du champ magnétique terrestre au cours du temps ont-elles pu affecter la protection de la biosphère contre les rayons cosmiques ? L`article publié par deux chercheurs de l`IPGP (CNRS-INSU, PRES Sorbonne Paris Cité) et du LSCE (CNRS-INSU/IPSL, CEA UVSQ) dans Quaternary Science Reviews ne peut qu`intriguer. Ils montrent que la disparition progressive des Néandertaliens s`est produite lors d`une période de très faible intensité du champ géomagnétique (durant laquelle le champ s`est même renversé). S’agit-il d`une coïncidence ou doit-on y voir un lien causal ? Pour les auteurs la baisse de l`intensité du champ agissant sur la chimie de l`atmosphère n`a pas pu être sans effets.

Les causes de la disparition de l`homme de Neandertal restent très controversées. La compétition avec l`homme moderne qui arrive à cette époque sur les territoires européens occupés par Neandertal est souvent évoquée, mais la cohabitation des deux populations reste encore à établir. Un autre scénario met en avant les effets d`un épisode climatique froid de brève durée, mais les Neandertaliens ont subi d`autres changements climatiques plus sévères durant les 250 000 années de leur existence.

Aujourd`hui, grâce à la calibration des âges carbone 14 (prenant en compte les variations de la production du 14C dans la haute atmosphère), les auteurs démontrent que la disparition des Neandertaliens qui a eu lieu de façon progressive, peut être située entre 41 et 34 000 ans avant le présent. Or, à cette époque, il s`est produit un phénomène exceptionnel qui a pu avoir des conséquences importantes sur l`évolution des Néandertaliens

Il est maintenant bien établi que le champ magnétique terrestre était très faible, jusqu`à atteindre une valeur environ 10 fois inférieure à sa valeur actuelle il y a 40 000 ans, date à laquelle il s`est même inversé, l`aiguille de la boussole pointant alors vers le sud. Cet épisode, appelé l`événement du Laschamp a vraisemblablement duré quelques centaines d`années, voire davantage. Il s`est reproduit quelques milliers d`années plus tard avec l`événement Mono Lake daté à 33 000 ans. Mais durant tout cet intervalle le champ est resté relativement faible. La coïncidence de cette longue période de champ faible avec la diminution progressive de la population néandertalienne est troublante. Qu`a-t-il pu se passer?

Comme le rappellent les auteurs, l`intensité et la structure du champ magnétique terrestre contrôlent la forme de la magnétosphère, c`est-à-dire de l`enveloppe magnétique qui nous protège des rayonnements galactiques et cosmiques. Ces derniers sont aussi fortement atténués par l`atmosphère de telle sorte qu`ils ne représentent en principe pas un réel danger. Mais l`affaiblissement de l`écran magnétique permet aux protons émis pendant les éruptions solaires, de pénétrer plus profondément dans les couches de l`atmosphère où ils engendrent alors des réactions chimiques en cascade qui aboutissent notamment à la formation d`oxyde nitrique, substance qui détruit la couche d`ozone. Ces réactions ne sont pas limitées aux régions polaires, mais se produisent jusqu`aux latitudes moyennes.

Les Néandertaliens qui étaient répartis sur le territoire européen ont donc dû faire face à un accroissement de la production d`UV-B pendant une longue période avec des pics importants lors des éruptions solaires. Les impacts sur la santé liés à l`exposition aux UV-B sont multiples et bien connus. On connaît aussi les effets engendrés par le trou d`ozone intermittent actuel par les nombreuses études sur la population de la pointe du Chili, notamment pour la ville de Punta Arenas. Les statistiques indiquent un accroissement important des tumeurs et cancers de la peau y compris des mélanomes malins, mais aussi des effets notables sur la vue et le système immunitaire, en particulier chez les enfants.

Selon des études récentes, l`homme de Neandertal avait une peau claire et une pilosité analogue à la nôtre qui l`ont certainement rendu vulnérable aux effets délétères de ces expositions. Ainsi, ces événements géomagnétiques peuvent avoir progressivement provoqué ou, en tout cas, contribué à son extinction. Quant aux hommes modernes, leur survie tient sans doute au fait qu`ils étaient plus nombreux et répartis dans des zones géographiques variées, notamment dans les basses latitudes non affectées par la diminution d`ozone.

Il est maintenant bien établi que le champ magnétique terrestre était très faible, jusqu`à atteindre une valeur environ 10 fois inférieure à sa valeur actuelle il y a 40 000 ans, date à laquelle il s`est même inversé, l`aiguille de la boussole pointant alors vers le sud. Cet épisode, appelé l`événement du Laschamp a vraisemblablement duré quelques centaines d`années, voire davantage. Il s`est reproduit quelques milliers d`années plus tard avec l`événement Mono Lake daté à 33 000 ans. Mais durant tout cet intervalle le champ est resté relativement faible. La coïncidence de cette longue période de champ faible avec la diminution progressive de la population néandertalienne est troublante. Qu`a-t-il pu se passer?

Comme le rappellent les auteurs, l`intensité et la structure du champ magnétique terrestre contrôlent la forme de la magnétosphère, c`est-à-dire de l`enveloppe magnétique qui nous protège des rayonnements galactiques et cosmiques. Ces derniers sont aussi fortement atténués par l`atmosphère de telle sorte qu`ils ne représentent en principe pas un réel danger. Mais l`affaiblissement de l`écran magnétique permet aux protons émis pendant les éruptions solaires, de pénétrer plus profondément dans les couches de l`atmosphère où ils engendrent alors des réactions chimiques en cascade qui aboutissent notamment à la formation d`oxyde nitrique, substance qui détruit la couche d`ozone. Ces réactions ne sont pas limitées aux régions polaires, mais se produisent jusqu`aux latitudes moyennes.

Les Néandertaliens qui étaient répartis sur le territoire européen ont donc dû faire face à un accroissement de la production d`UV-B pendant une longue période avec des pics importants lors des éruptions solaires. Les impacts sur la santé liés à l`exposition aux UV-B sont multiples et bien connus. On connaît aussi les effets engendrés par le trou d`ozone intermittent actuel par les nombreuses études sur la population de la pointe du Chili, notamment pour la ville de Punta Arenas. Les statistiques indiquent un accroissement important des tumeurs et cancers de la peau y compris des mélanomes malins, mais aussi des effets notables sur la vue et le système immunitaire, en particulier chez les enfants.

Selon des études récentes, l`homme de Neandertal avait une peau claire et une pilosité analogue à la nôtre qui l`ont certainement rendu vulnérable aux effets délétères de ces expositions. Ainsi, ces événements géomagnétiques peuvent avoir progressivement provoqué ou, en tout cas, contribué à son extinction. Quant aux hommes modernes, leur survie tient sans doute au fait qu`ils étaient plus nombreux et répartis dans des zones géographiques variées, notamment dans les basses latitudes non affectées par la diminution d`ozone.

 

Source - The Laschamp-Mono lake geomagnetic events and the extinction of Neanderthal : A causal link or a coincidence ?, Valet, J.-P., Valladas, H., Quaternary Science Reviews (2010), doi:10.1016/j.quascirev.2010.09.010

Photo : © Actualisée d`après Bocquet-Appel and Demars, 2000 - Régions occupées par Neandertal à différentes époques

 

 


Les ammonites se seraient nourries de plancton.

Article publié par CNRS, le 07/01/2011
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Une équipe franco-américaine de chercheurs, coordonnée par Isabelle Kruta, du Centre de Recherche sur la paléobiodiversité et paléoenvironnements (MNHN/CNRS/UPMC), a réalisé au synchrotron ESRF1 des scans d`une qualité exceptionnelle de fossiles de Baculites, ammonites « déroulées » disparues à la fin du Crétacé, il y a 65,5 millions d`années. Ces recherches ont permis de découvrir que l`un des plus grands groupes d`ammonites (auquel appartiennent les Baculites) avait des mâchoires et une radula (sorte de langue couverte de dents) adaptées pour manger de petites proies présentes dans la colonne d`eau, comme le plancton. Cette découverte, qui a permis aux scientifiques d`élucider la place des ammonites dans la chaîne alimentaire, pourrait également apporter un nouvel éclairage sur la raison de leur disparition. Les résultats sont publiés le 7 janvier 2011 dans la revue Science.

Les ammonites sont de proches parents disparus du calmar, de la seiche et du poulpe. Elles font partie des fossiles les plus connus au monde. Apparues il y a environ 400 millions d`années (au début du Dévonien), les ammonites ont connu une explosion de leur diversité il y a 200 millions d`années (au début du Jurassique). À cette époque, elles étaient devenues si abondantes et diversifiées au sein de la faune marine qu`elles sont aujourd`hui utilisées par les paléontologues pour déterminer l`âge relatif des roches marines du Mésozoïque (-251 à -65 millions d`années) dans lesquelles elles se trouvent.

Dans cette étude, les chercheurs ont utilisé la technique de microtomographie à rayonnement X synchrotron2 pour vérifier la présence de mâchoires et de radula chez trois ammonites fossiles trouvées aux Etats-Unis dans le Dakota du Sud (lors d`expéditions menées par l`AMNH dans les Grandes Plaines3) et procéder ensuite à leur reconstruction virtuelle en 3D. Les images obtenues sont d`une telle qualité que les mâchoires et les dents des radulas ont pu être intégralement révélées.

« Grâce à cette découverte, nous avons pu observer pour la première fois la délicatesse de ces structures exceptionnellement bien préservées et nous avons mis à profit la grande qualité des détails pour comprendre l`écologie de ces animaux disparus. » Isabelle Kruta (MNHN).

« La microtomographie à rayonnement X synchrotron est à ce jour la technique qui présente le plus haut degré de sensibilité pour étudier les structures internes des fossiles sans les détruire », indique Paul Tafforeau (ESRF). « Nous avons procédé à un premier test sur l`un des spécimens d`ammonite après l`échec d`une tentative avec un scanner classique. Les résultats étaient si impressionnants que nous avons scanné tous les autres échantillons disponibles et découvert presque à chaque fois une radula et, pour l`un d`entre eux, de nombreuses autres structures. »

Par ailleurs, l`un des spécimens avait dans la bouche un petit gastéropode et trois petits crustacés (l`un d`eux ayant été coupé en deux). Ces fossiles planctoniques ne se trouvant nulle part ailleurs dans l`échantillon, les scientifiques pensent qu`il s`agit du dernier repas de l`animal et que celui-ci n`a pas été la proie de ces organismes après sa mort.

« La présence de plancton dans les mâchoires des Baculites est la première preuve directe du mode d`alimentation de ces ammonites déroulées. Ceci permet de mieux comprendre leur succès au Crétacé », note Fabrizio Cecca (UPMC).

« Nos recherches suggèrent plusieurs choses. Tout d`abord, que la radiation des ammonites aptychophores pourrait être associée à celle du plancton pendant le Jurassique inférieur », indique Neil Landman (AMNH). « En outre, le plancton a été très affecté lors de la crise biotique qui a marqué la limite Crétacé-Tertiaire, et la disparition de leurs ressources alimentaires a probablement contribué à l`extinction des ammonites. »

Isabelle Rouget (UPMC) acquiesce : « Nous nous rendons compte à présent que les ammonites ont occupé dans la chaîne alimentaire une place bien différente de celle que nous pensions être la leur jusqu`alors. »

Ces nouvelles microtomographies de Baculites confirment également les résultats de recherches plus anciennes qui montraient que les dents radulaires des ammonites comportaient de multiples cuspides4. Les scientifiques peuvent aujourd`hui observer la radula dans ses moindres détails : la cuspide la plus grande mesure 2 mm et les dents, très fines, ont des formes variées (en forme de sabre ou de peigne). La mâchoire inférieure est plus grande que la mâchoire supérieure, et est composée de deux moitiés séparées par une fente médiane, ce qui est propre à ce groupe d`ammonites (les aptychophora).

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1. European Synchrotron Radiation Facility (Installation Européenne de Rayonnement Synchrotron), à Grenoble
2. La microtomographie à rayonnement X synchrotron étend les capacités de l`imagerie par rayons X pour produire des images à très haute résolution avec un très bon contraste. En utilisant les mêmes principes que l`imagerie médicale, couplés au rayonnement synchrotron et à l`imagerie par contraste de phase, les scientifiques peuvent produire des images 2D et 3D de leurs échantillons à des résolutions sub-microniques. Bien souvent cette technique permet d`étudier des échantillons qui ne peuvent pas être imagés par les techniques conventionnelles, ou qui sont trop précieux pour être étudiés par des méthodes conventionnelles. Son application en paléontologie a commencé en 2000 à l`ESRF et s`est énormément développé au point que l`ESRF est à présent la référence mondiale pour l`imagerie non-destructive des fossiles.
3. Les Grandes Plaines (en anglais : Great Plains) sont une région de l`Amérique du Nord, la partie médiane du continent au centre des États-Unis et du Canada, à l`est des montagnes Rocheuses.
4. La cuspide constitue le sommet des dents.

Source - Isabelle Kruta, Neil Landman, Isabelle Rouget, Fabrizio Cecca, Paul Tafforeau. The Role of Ammonites in the Mesozoic Marine Food Web Revealed by Jaw Preservation. Science, 7 janvier 2011

Ces recherches ont été réalisées avec le soutien du Muséum national d`Histoire naturelle (MNHN, Paris, France), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS, France), de l`Université Pierre et Marie Curie (UPMC, Paris, France), de l`American Museum of Natural History (AMNH, New York, USA) et de l`European Synchrotron Radiation Facility (ESRF, Grenoble, France).

Photo par rayon X synchrotron : © I. Kruta, MNHM. Dent de la radula d`un fossile de Baculites sp. (AMNHM 55901).
 

 

 


Le cimetière des dinosaures

Article publié par Valeurs actuelles, le 14/10/2010
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 Les restes du plus grand sauropode d`Europe ont été exhumés en Charente.

 Tous les records sont battus : le fémur de dinosaure exhumé à Angeac, près de Châteauneuf-sur-Charente, dépasse 2,30 mè­tres. Soit 20 pourcent de plus que les 192 cen­timètres de celui mis au jour en sep­tembre sur le site espagnol de Rio­deva, près de Teruel.

 Le site charentais a été fouillé durant l’été et présenté le 2 octobre à un public restreint, à l’issue d’une campagne coordonnée par le musée d’Angoulême et le laboratoire Géosciences Rennes. Il contient quelque 400 ossements, ce qui en fait l’un des plus importants gisements en Europe. La plupart des ossements appartiendraient à un dinosaure carnivore de 9 mètres de long. Mais le fémur record est rapporté au plus grand sauropode connu à ce jour en Europe : un animal herbivore de près de 35 mè­tres de long (un bus articulé à deux remorques) pesant environ 40 tonnes (une voiture de TGV) et datant du début du crétacé, soit 130 millions d’années.

Cette découverte est d’autant plus intéressante que « les dinosaures du crétacé inférieur sont rares en France et ne sont connus, la plupart du temps, que par des restes fragmentaires. Ainsi, seuls trois genres de dinosaures ont été identifiés à ce jour : l’ornithopode iguanodon et les deux théropodes Genusaurus et Erectopus », souligne le CNRS (ornithopode signifie littéralement “pieds d’oiseau”). Or, l’état de préservation des pièces d’Angeac est exceptionnel, grâce à la couche argileuse d’un ancien lit de la Charente qui leur a évité l’oxydation. Les sédiments marécageux comprennent en outre des restes de formes antiques d’éléphants, de mammouths, de deux espèces de tor­tues et de trois espèces de crocodiles.

Voilà qui com­plète la découverte en 2002, à Cherves, près de Cognac, d’un demi-millier d’ossements appartenant à des dinosaures, tyrannosaures, ptérosaures, crocodiliens et tortues datés de la même époque, à la limite (fluctuante) du jurassique et du crétacé.

Cette partie de la Charente cor­­respond à une dépression cô­tière alors envahie par une mer chaude et très salée, qui re­couvrait puis découvrait les lieux. C’était une sorte d’isth­me, appelé “Seuil du Poitou” par les paléontologues, un lien entre les deux îles principales, la terre Aquitaine et la terre Centrale, de l’archipel qui de­viendrait plus tard la France géographique.

La présence à Angeac de végétaux fos­silisés, de pièces de bois, de feuilles et de graines apportera des indications pré­cieuses sur l’écosystème propre aux géants de la paléontologie. Rapporté au régime d’un cheval de 600 kilos qui absorbe quotidiennement 10 kilos de nourriture et 60 litres d’eau, il faudrait compter pour un grand dinosaure environ 500 kilos de vé­gétaux et 3 000 litres d’eau… Avec suffisamment de calcium pour assurer l’ossification de vertèbres pesant jusqu’à une tonne ! Les paléontologues ne sont pas les seuls concernés : des physiologistes devront être appelés à la rescousse. Ces recherches scientifiques s’accompagnent d’un projet de mise en valeur du site qui permettra au public d’assister pendant plusieurs années à toutes les phases de l’opération.  Jean-François Gautier

Photo © SIPA


Un allosaure vendu 1,3 million d'euros chez Sotheby`s

Article publié par Ouest-France, le 05/10/2010
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Les squelettes de dinosaures et autres animaux préhistoriques, qui ont attiré des milliers de curieux la semaine dernière chez Sotheby`s à Paris, ont tous trouvé preneur aux enchères mardi. Cette première vente entièrement consacrée à l`"histoire naturelle" par Sotheby`s en France aura été aussi la plus importante financièrement, avec un montant total de près de 2,8 millions d`euros, selon la maison de vente d`origine britannique. Pièce maîtresse et sans doute la plus spectaculaire de l`exposition, un squelette d`allosaure ("lézard étrange" en grec ancien) estimé autour de 800.000 euros s`est vendu 1,3 million d`euros. Un bon prix, mais loin du record atteint en 1997 par Sotheby`s avec la vente d`un tyrannosaure complet de 13 m de long, pour 8,4 millions de dollars (plus de 6 millions d`euros actuels). Long de 10,12 mètres et complet à 70pourcent, l`allosaure découvert sur un terrain privé aux Etats-Unis a été acheté par un collectionneur européen souhaitant rester anonyme. Bien plus jeune que l`allosaure, un squelette de rhinocéros laineux, a été vendu près de 97.000 euros à un collectionneur français présent dans la salle. Il a annoncé son intention d`en faire don à l`Institut de paléontologie humaine (IPH), fondation créée en 1910 à Paris par le prince Albert 1er de Monaco. De quoi réconcilier les chercheurs avec ce type de ventes, qui se sont multipliées depuis quelques années, suscitant parfois la grogne d`experts.

Photo : Le squelette de l`allosaure, vendu 1,3 million d`euros par Sotheby`s à Paris. © AFP


Lucy utilisait déjà des outils en pierre

Article publié par Le Figaro, le 12/08/2010
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Des os fossilisés vieux de 3,4 millions d`années éclairent d`un jour nouveau les premiers pas de l`humanité. 

 "Cela réjouit le monde de la recherche des origines de l`homme mais cela n`étonne pas outre mesure. Nombreux étaient les scientifiques qui espéraient ce genre de découverte. Deux os fossilisés, un bout de fémur d`un animal de la taille d`une chèvre et un bout d`une côte d`un animal gros comme une vache prouvent qu`il y a 3,4 millions d`années, des hominidés, les australopithèques, vivant dans ce qui est maintenant l`Éthiopie, utilisaient des outils de pierre et mangeaient de la viande. Les os, examinés sous toutes les coutures, présentent des traces caractéristiques de grattage et de coupure pour arracher les chairs et même sans doute extraire la moelle des os selon une étude que publie aujourd`hui la revue Nature. [...]"

Photo : Les entailles sur ces os (en bas, à droite) prouvent l`utilisation, à l`époque, d`outils en pierre pour la découpe de la viande (© Dikika Research Project)


Important éboulement aux Petites-Dalles (76)

Article publié par Sciences et Géologie Normandes, le 10/07/2010
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« Un immense éboulement de falaise s’est produit au nord-est des Petites-Dalles fin juin 2010.
Les éboulements de falaise n’ont rien d’exceptionnel sur le littoral cauchois, ils se produisent souvent à la sortie de l’hiver jusqu’au début de l’été. Celui-ci peut toutefois être considéré comme très important vu la masse de roches qui s’est détachée de la paroi. »

Compte rendu par Yves et Jean-Jacques LEPAGE (suivre le lien)

Photo : © Yves LEPAGE


Découverte de l'existence d'une vie complexe et pluricellulaire de plus de 2 milliards d'années

Article publié par CNRS-Délégation Centre Poitou-Charentes, le 02/07/2010
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La découverte au Gabon de plus de 250 fossiles en excellent état de conservation apporte, pour la première fois, la preuve de l`existence d`organismes pluricellulaires il y a 2,1 milliards d`années. Une avancée capitale : jusqu`à présent, les premières formes de vie complexe (dotée de plusieurs cellules) remontaient à 600 millions d`années environ. Ces spécimens ont été découverts puis étudiés par une équipe internationale et pluridisciplinaire de chercheurs coordonnée par Abderrazak El Albani du laboratoire "Hydrogéologie, argiles, sols et altérations" (CNRS/Université de Poitiers).

Photo © CNRS Photothèque/A. El Albani & A. Mazurier : Reconstitution virtuelle (par microtomographie) de la morphologie externe (à gauche) et interne (à droite) d`un spécimen fossile du site gabonais.